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Commerce extérieur: Une perle de l'administration française

Dans la série "soyons positifs" (d'ailleurs, je devrais inaugurer une catégorie de post Positifs systématique), je voudrais mentionner une récente expérience que Digital Airways a eue avec Ubifrance, qui est la structure du ministère de l'économie chargée d'assister les entreprises français à l'exportation (pilotée par la DREE). En prévision d'une visite en Asie, nous leur avions demandé d'organiser des rendez-vous avec des clients potentiels dans les différents pays visités. Non seulement Ubifrance a réussi à identifier les contacts, mais les interlocuteurs étaient exactement ceux que nous souhaitions voir, parfaitement qualifiés, donnant ainsi une série de rendez-vous extrémement efficace, en un temps très condensé. Si on sait que dans notre domaine, celui des plates formes logicielles pour la téléphonie mobile, l'interlocuteur est souvent difficile à identifier, cela tient de l'exploit. Ce n'est pas la première fois qu'Ubifrance nous aide; nous avions déjà grâce à eux été mis sur un gros appel d'offre pour un opérateur européen que nous n'aurions jamais pu voir sinon. Même si au final nous l'avons perdu (à la toute dernière étape), cela a permis de nouer d'excellents contacts.
Si donc vous souhaitez vous développer à l'international, sachez que pour un coût dérisoire, Ubifrance peut s'avérer très efficace. Cette efficacité est confirmée par plusieurs copains entrepreneurs qui ont eux aussi utilisé leurs services avec satisfaction. Voilà une structure légère, efficace, animée par des gens motivés. C'était notre minute "quand elle arrête de gamberger, la France ça marche plutôt pas mal".

Posted by Philippe Silberzahn on mai 30, 2005 at 08:00 AM dans Opinion | Permalink | Commentaires (1) | TrackBack

"Building breakthrough businesses within established organizations"

Dans le dernier n° de la Harvard Business Review (Mai 2005), Vijay Govindarajan et Chris Trimble, professeurs à la Tuck School of Business du Darmouth College, abordent un sujet crucial pour les grandes entreprises aujourd'hui, tous secteurs confondus : comment développer avec succès un nouveau buiness à partir d'une innovation radicale ? La question a déjà été abordée maintes fois, que ce soit par Christensen dans ses différents ouvrages, par Chesbrough et Teece ("Organizing for innovation When is virtual virtuous ?", HBR August 2002), ou encore dernièrement par Geroski et Markides (cf. leur ouvrage "Fast second", chez John Wiley & Sons, 2005). L'approche de Govindarajan et Trimble est originale et consiste à dire : pour développer une nouvelle activité à partir d'une innovation radicale, l'entreprise doit emprunter certaines choses à son "core business", et en oublier d'autres.

L'article peut être acheté en format pdf pour $6 sur le site de la HBR : http://harvardbusinessonline.hbsp.harvard.edu/b01/en/common/item_detail.jhtml?id=R0505C

Posted by Bernard Buisson on mai 26, 2005 at 08:00 AM dans Revues d'articles | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack

Salon Européen de la Recherche et de l'Innovation

Le Salon Européen de la Recherche et de l'Innovation se tiendra du 3 au 5 juin, à Paris, Porte de Versailles.

Chercheurs, institutions publiques et privées, universités et grandes écoles, entreprises industrielles et commerciales, départements Recherche et Développement,  incubateurs et financiers, fournisseurs de laboratoires, collectivités locales et technopôles, associations et fondations liées à la recherche pourront :

  • présenter leurs activités et leurs besoins
  • développer des contacts et des passerelles pour susciter des vocations
  • accompagner des projets
  • nouer des partenariats
  • négocier des financements pour des créations d'entreprises ou des programmes de recherche.

Les exposants:

  • Direction générale de la recherche de la Commission européenne
  • Nouveaux pays de l'UE
  • Universités européennes
  • Laboratoires privés étrangers
  • Centres de recherche européens

Pour plus d'informations, le site du salon.

Posted by Philippe Silberzahn on mai 20, 2005 at 08:00 AM dans Actualité | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack

Séminaire “Ressources Technologiques et Innovation”: peut-on clôner la Silicon Valley: impressions

Jeudi dernier 12 mai avait lieu le séminaire organisé dans le cadre de l’École de Paris du management, animé par Daniel Rouach, Professeur à l'ESCP-EAP, Paris et au Technion, Israël, et spécialiste des clusters, technopoles et autres Silicon Valleys (voir notre post précédent). Daniel Rouach venait présenter le résultat de recherches qu'il mène dans le domaine depuis plusieurs années, et qui a donné lieu en 2002 à la publication du livre Creating Regional Wealth in the Innovation Economy: Models, Perspectives and Best Practices.
Selon lui, il n'y a pas de modèle absolu, mais des pratiques ou facteurs qui assurent une réussite et une pérennité des technopoles. Ces facteurs sont: une université, une entreprise leader, des investisseurs, un esprit entrepreneurial, une action gouvernementale et une intelligence économique basée sur le réseautage. La distance physique est notamment identifiée comme un obstacle fort à l'épanouissement de la technopole. On peut également ajouter deux facteurs essentiels: l'infrastructure, notamment de transport, et la qualité de l'environnement. Si l'on prend l'exemple de Bangalore, des faiblesses notables sont notées concernant ces derniers points, ainsi que sur l'action gouvernementale (voir à ce sujet l'excellent article de The Economist du 23 avril intitulé The Bangalore Paradox). Ces faiblesses mettent en danger la pérennité de Bangalore, non pas nécessairement comme centre économique, mais comme cluster entrepreneurial.

 

D'autres exemples de technopoles réussies sont Cambridge, Israël, et Silicon Valley bien sûr. La discussion a naturellement tourné au cas de la France qui semble si difficilement capable de développer de telles technopoles à grande échelle, à l'exception notable de Grenoble, et dans une moindre mesure de Sophia Antipolis. Il n'y a pas de raison unique. Daniel Rouach remarque que la France ne sait pas utiliser la diaspora française, pourtant importante, comme le font l'Inde ou Israël. Beaucoup de français de l'étranger son partis en gardant une mauvaise image de leur pays, sans savoir que les choses ont beaucoup changé. Un travail d'échange et d'information sur cette disapora devrait pouvoir efficacement les réconcilier avec leur pays et leur permettre de contribuer au développement entrepreneurial grâce à leur expérience. Autre faiblesse: l'isolation de la France des grands mouvements du monde. Autrefois à la pointe de la pensée et du changement, notre pays semble en effet se complaire dans une résistance au changement. De même, l'absence de culture du travail en équipe freine les échanges, source de progrès.
En résumé, on peut, et il ne faut pas clôner les Silicon Valleys, mais plusieurs grands principes assurent leur développement et leur pérennité, chacun avec leurs spécificités locales et culturelles. Autant les connaître.

Posted by Philippe Silberzahn on mai 19, 2005 at 08:00 AM dans Actualité | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack

Paris Technopole 2005 les Circuits de l’Innovation

Paris-Développement et la FING, en assocation avec Mar-Tech & Finance, organisent le lundi 6 juin 2005 à "Paris Technopole 2005 les Circuits de l’Innovation".

L’espace d’un jour, des circuits thématiques multi-sites vous permettent de découvrir une quarantaine de lieux de l’innovation qui ouvrent leurs portes pour accueillir 300 décideurs internationaux et nationaux. L’objectif de ces circuits, élaborés grâce à la forte adhésion des hôtes d’un jour -les Ambassadeurs- est d’illustrer les savoir-faire des pôles de compétitivité parisiens.
Cette journée est l'occasion de rencontrer les acteurs des pôles de compétitivité parisiens : le numérique, la santé et le design; d'apprécier la richesse du maillage entreprises, instituts de formation/grande écoles et laboratoires de recherche; et de découvrir, sur leur site, l'etat de l'art de leurs derniers travaux.

La journée se déroulera en trois temps :

  • Pendant la journée, choisissez vos circuits (un le matin et un l'après-midi) et rencontrez de 3 à 6 lieux d'excellence, illustrations des dernières recherches et innovations...
  1. Numérique: Acoustique et applications multimédia - Intelligence Artificielle - Intelligence & gestion des contenus - Image 3D - Jeux vidéos - Réseaux de Télécom autonomes - Sécurité réseaux - Paris Nord Est, quartier numérique - Production Multimédia
  2. Santé: Cancérologie - Cardiovasculaire - Imagerie médicale - Immobilier biotech - Infectiologie
  3. Design: Design & technologie numérique - Design industriel - Design prospectif - Design et recherche - Design prospectif et culture de consommation
  • Simultanément, la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris (Friedland) accueillent les participants, la Presse, des Espaces « rencontres d’affaires » et une mini exposition pour présenter les Ambassadeurs.
  • Vers 18H00, participez à la 3ème Convention de Paris Développement puis découvrez, en partenariat avec la FING, une sélection de projets innovants lors d'une édition spéciale du Carrefour des Possibles.

En ouvrant leurs portes, les acteurs-clés de l'innovation à Paris vous proposent une occasion unique de découvrir leurs travaux, leurs expertises et leurs dernières innovations.

Renseignements et inscription gratuite aux Circuits de l'Innovation: www.parisdeveloppement.com.

Posted by Philippe Silberzahn on mai 18, 2005 at 10:49 AM dans Actualité | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack

Elite: une nouvelle initiative pour favoriser la recherche et l'innovation

Pierre Lafitte remet ça. A l'origine du lancement de Sophia Antipolis, grande réussite des technopoles françaises à l'image de la fameuse Silicon Valley, le sénateur vient de lancer ELITE, qui signifie Enlarging & Leveraging Innovation Talents in Europe. ELITE est un réseau ayant pour but de favoriser la création d'un avantage concurrentiel européen en matière de recherche et d'innovation en favorisant les échanges, notamment entre le public et le privé. Un angle d'action important est le travail  de lobbying auprès de l'Union Européenne, ainsi que la promotion d'un Small Business Act favorisant les petites entreprises dans les marchés publics, une idée déjà promue par le Comité Richelieu.
Pour plus d'informatios, le site  ELITE.

Posted by Philippe Silberzahn on mai 18, 2005 at 08:00 AM dans Actualité | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack

Arenotech: art, enseignement et multimedia

Par la même équipe du réseau Européen des Villes Numériques dont nous signalions le travail passionnant dans un post précédent (http://portail-innovation.typepad.com/innovationtribune/2005/05/rseau_europen_d.html), mentionnons également ARENOTCH.
ARENOTECH (Art, Education, Nouvelles technologies) est un réseau d’enseignants, de chercheurs et d’acteurs territoriaux né à la suite de l’Appel de Venise sur le thème de l'art, de l'enseignement et du multimedia, lancé au Musée Correr au printemps 1996. Devenu une organisation non gouvernementale, ce réseau est présent dans plusieurs pays européens, aux côtés d’entités telles que le Réseau européen des Villes Numériques, l’Observatoire européen des Espaces Multimédia ou encore notre Club d’Analyses Prospectives.
L'association a à son actif plus de 300 colloques et séminaires dans le domaine des mutations culturelles et éducatives contemporaines.
Le site: ARENOTECH.

Posted by Philippe Silberzahn on mai 17, 2005 at 08:00 AM dans Sites Web | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack

Pourquoi la France est incapable de créer un Microsoft

Signalé par Alexis Kartmann, voici un article très intéressant de Ariane Kahn paru dans le Monde qui se demande pourquoi notre pays est incapable de générer de nouvelles entreprises, qui sont les seules vraies sources de croissance. Plusieurs facteurs sont identifiés: détournement des mesures en place, insuffisances du système financier, attitude des grands groupes, faible représentation des PME aux niveaux institutionnels, et enfin éducation favorisant le conformisme. Bien vu.

Ce type d'article est utile, mais à mon sens ne doit pas donner l'impression d'une fatalité. La France n'est pas "incapable" de créer un Microsoft. Elle ne l'a pas fait, mais elle a des réussites à son actif. Les choses bougent beaucoup dans le domaine entrepreneurial en France, et il faudra un certain temps avant que ça ait un impact "macro". Ca ne veut pas dire qu'il faille voir la vie en rose, mais de là à la voir en noir... Souhaitons que l'énergie déployée actuellement sur le thème "ça va mal" se déploie désormais sur "que pouvons-nous faire pour que ça aille mieux".
L'article est disponible intégralement ici: http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3234,36-648882,0.html

Posted by Philippe Silberzahn on mai 17, 2005 at 12:00 AM dans Revues d'articles | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack

La France, terre d'antilibéralisme

Un article intéressant de David Spector, économiste et chercheur au CNRS, paru dans Libération fait remarquer que la méfiance des politiques français à l'égard des mécanismes de marché est sans équivalent chez nos voisins européens. Les causes de cet antilibéralisme viscéral (au sens de non rationnel) sont difficiles à identifier, d'autant que la France a par ailleurs eu dans son histoire des périodes fort libérales dont elle n'a en général pas eu à se plaindre. Notre pays est devenu, en opposition avec presque tous les pays européens, le principal obstacle au libéralisme en Europe.

On a l'habitude, désormais, d'opposer une approche sociale, prônée par la France, à une approche soit-disant libérale "à l'anglo-saxonne". Or Spector fait remarquer que les politiques antilibérales de la France n'ont pas le moindre rapport avec un quelconque souci de justice sociale : "la plupart d'entre elles profitent à quelques grandes entreprises, au détriment des consommateurs, des finances publiques, ou des pays pauvres. Inversement, les pays européens les plus soucieux d'égalité (les pays scandinaves) adoptent en général des positions plus libérales que la France."
Le meilleur exemple, mais il y en a cent, est la loi Galland. Votée en 1996, cette loi sans équivalent au monde gèle la concurrence dans la grande distribution et a provoqué une augmentation importante des prix. Elle favorise les entreprises (producteurs, petits commerçants, grands distributeurs) au détriment des ménages les plus pauvres, contraints de payer plus cher leur alimentation. Et après le gouvernement s'étonne de la baisse du pouvoir d'achat!!!
Le plus intéressant est cette union nationale contre le libéralisme, qui s'illustre dans le oui et le non à l'Europe, les opposants affirmant que l'Europe est trop libérale, et les partisants soutenant que seule l'Europe peut nous protéger du libéralisme.
L'article est en ligne sur le site de Libé: http://www.liberation.fr/page.php?Article=296163

Posted by Philippe Silberzahn on mai 16, 2005 at 08:00 AM dans Revues d'articles | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack

FutuRIS: groupe de travail de l'ANRT sur la recherche et l'innovation

Signalons, un peu tard puisque ses travaux arrivent à leur fin, le groupe de travail FutuRIS animé par l'ANRT (http://www.anrt.asso.fr/). FutuRIS réunit des acteurs venant d'environnements très divers pour débattre du développement de la recherche et de l'innovation au bénéfice de la société.
L'ambition de FutuRIS est de mobiliser les acteurs de la recherche et de l'innovation et de les faire participer ensemble à une réflexion et à des débats sur les défis auxquels devra, dans l'avenir, faire face le système français de recherche et d'innovation (SFRI).
Quelques exemples de thèmes abordés

  • Emploi des docteurs
  • Développement des entreprises innovantes
  • Études sectorielles

Le site FutuRIS, très riche sur ces sujets avec beaucoup de documents et de liens utiles: http://operation-futuris.org.

Posted by Philippe Silberzahn on mai 16, 2005 at 08:00 AM dans Sites Web | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack

monputeaux.com: les dangers du blog

Petite parenthèse thématique pour exprimer notre solidarité avec Christophe Grébert, un camarade bloggeur qui a eu le malheur d'écrire sur les pratiques politiques de la mairie de Puteaux et qui est maintenant menacé d'embastillement. Ah là là, si les citoyens se mettent en tête de donner leur avis, où va-t-on?
Christophe receuille de l'argent pour payer ses frais de procès. Visite: http://www.monputeaux.com/.

Posted by Philippe Silberzahn on mai 14, 2005 at 08:00 AM dans Actualité | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack

Réseau européen des Villes Numériques

Une initiative passionnante: le Réseau européen des Villes Numériques regroupe les acteurs locaux, les institutions territoriales, les organismes économiques et les entités culturelles dont les stratégies entendent faire des infotechnologies des outils d'aménagement du territoire. Le réseau organise ou s'associe à plein d'initiatives, et de conférences sur des thèmes comme Nouveaux rapports des territoires aux savoirs et à la création, Les infotechnologies pour la formation au service du développement: les facteurs clés de réussite, à l'UNESCO, ou encore L’immersion totale dans la réalité virtuelle.
Pour plus d'infos: http://www.villesnumeriques.org/

Posted by Philippe Silberzahn on mai 13, 2005 at 11:38 PM dans Sites Web | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack

Commission d'Albi - CD et DVD, la dîme de la SACEM s'étend

Il existe dans notre pays une chose merveilleuse qui s'appelle la commission d'Albi et dont le rôle consiste à définir - tenez-vous bien - les redevances payées sur les supports de stockage pour rétribuer les auteurs d'oeuvres d'art musicales et audio-visuelles. Vous ne rêvez pas. Le rapport entre les deux? Aucun. Bien discrètement s'est tenue mardi dernier une réunion qui avait pour objet de décider sur quoi d'autre la SACEM allait prélever sa dîme. Les clés USB en l'occurrenec. D'un côté la SACEM, de l'autres des associations de consommateurs soit-disant représentatives (moi, je n'étais pas invité et vous non plus). On nous dit que ces associations ont protesté parce que la SACEM était trop gourmande. On nous explique qu'il y eut des cris et des pleurs, mais, embrassons-nous folleville, tout cela finit par un accord. Sur votre dos. Entre gens de bien.

Mais ce n'est pas le niveau de ces taxes qui est révoltant, c'est leur principe même. On demeure confondu qu'une industrie tout entière, celle du support de stockage, soit rançonnée par des intérêts privés sans que RIEN ne puisse le justifier, sinon l'asservissement des pouvoirs en place à la loi du plus fort.

Que je doive verser une dîme à un chanteur ringard lorsque j'achète un disque dur pour archiver mes données personnelles me paraît hallucinant. Suis-je totalement à la masse et tout le monde trouve-t-il cela normal, ou s'agit-il d'un hold-up massif, d'une extorsion de fonds à grande échelle de l'ancien monde sur le nouveau? Faudra-t-il aussi que je paye une dîme aux fabricants de bougies chaque fois que j'allume la lumière?  Et jusqu'où s'arrêtera-t-on? Décision inique, corporatiste, injuste, elle doit être dénoncée pour ce qu'elle est: une mesure rétrograde, qui pénalise l'innovation au bénéfice d'intérêts corporatistes. Et personne ne proteste?

Rassurons-nous, cependant. Comme tous ceux qui le peuvent, j'achéterai mes CD et DVD à l'étranger. Comme d'habitude en France, seront pénalisés ceux qui ne pourront pas se le permettre, les pauvres en l'occurence. Deuxième facteur rassurant: maintenant qu'on paye notre dîme à la SACEM, on a le droit de pirater, non? Réflexion faite, j'achéterai mes DVD en France, et je lance eMule de ce pas. Une question, enfin: cette taxe est-elle légale? Ne viole-t-elle pas la présomption d'innocence?

Promis, pour le prochain post, je serai plus calme. J'essaierai de faire un truc sur la normalisation comme frein à l'innovation, par exemple.

Posted by Philippe Silberzahn on mai 13, 2005 at 08:00 AM dans Opinion | Permalink | Commentaires (1) | TrackBack

Subventions à l'innovation: l'Etat n'a plus d'argent!

Voilà, on nous sert toute la journée des grands discours sur l'importance de l'innovation. Des commissions, des rapports, des experts, de l'entrepreunariat par-ci, des grands programmes nationaux par-là.
Donc, naïvement, la startup que nous sommes s'adresse à l'Anvar pour une aide au recrutement. Le mécanisme s'appelle Cortechs: remboursement des charges sociales pour l'embauche d'un technicien supérieur. Or là, on vient de nous expliquer que notre dossier, qui devait passer en commission le 2 mai, n'a pas été accepté. Il sera représenté le 27 juin. Motif? L'Etat n'a pas débloqué les fonds pour l'Anvar. On croit réver. Plus d'argent pour l'innovation! L'Anvar au chômage technique!  Il existe quelque part, tapis à Bercy, un haut fonctionnaire, peut-être un ministre, qui jongle avec les chiffres et se croit très malin en faisant des économies de bouts de chandelles pour boucler son budget. Résultat, les (petites) entreprises souffrent, surtout par ce qu'elles sont mises en porte à faux. Aux grands discours, il vaudrait mieux parfois des micro-actions concrètes. Verser l'argent promis à temps serait pour l'Etat une réforme utile.

Posted by Philippe Silberzahn on mai 12, 2005 at 08:00 AM dans Actualité | Permalink | Commentaires (2) | TrackBack

Séminaire “Ressources Technologiques et Innovation”: peut-on clôner la Silicon Valley

Depuis longtemps, l'exemple de la Silicon Valley fascine gouvernements et entrepreneurs. Peut-il être reproduit ailleurs, et notamment en France?

Le séminaire, organisé dans le cadre de l’École de Paris du management , sera animé par Daniel ROUACH, Professeur à l'ESCP-EAP, Paris et au Technion, Israël, et spécialiste de la question. Daniel est notamment co-auteur de Creating Regional Wealth in the Innovation Economy: Models, Perspectives and Best Practices (livre sur Amazon).
Le Gouvernement place de grands espoirs dans le développement de pôles de compétences pour stimuler l'innovation en France et mieux valoriser notre recherche publique, mais ce concept imprécis peut recouvrir des réalités très diverses. Daniel Rouach a étudié avec ses collaborateurs les caractéristiques des pôles qui favorisent la création de richesses économiques et d'écosystèmes d'innovation efficaces sur différents continents et nous montrera qu'il existe différents types de "clusters", aux effets bien différents.
Le séminaire se déroulera  à l’École Nationale Supérieure des Mines de Paris, 60, Bd Saint Michel - 75006 Paris   Salle Vendôme.
Pour y assister, il faut s'inscrire sur le site http://www.ecole.org .

Posted by Philippe Silberzahn on mai 11, 2005 at 02:55 PM dans Actualité | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack

Le DVD inrayable, innovation française

Dans le dernier numéro de Capital (164), on vous recommande la lecture, page 46, du portrait d'Al Fetouhi, Directeur Général de Digital Valley, un fabricant de DVD installé dans la banlieue de Rouen. A 23 ans, Al Fetouhi quitte Alger pour aller décrocher un doctorat en ingénierie chimique, financé par 3M, chez qui il restera trois ans. Aujourd'hui, il a trouvé la solution pour protéger les DVD des rayures, avec la pose d'une couche de protection de 3 nanomètres. Déjà inventeurs du DVD double-face (vidéo d'un côté et musique de l'autre), produit adopté notamment par Sony, on peut parier qu'Al Fetouhi et Digital Valley vont faire reparler d'eux ! Un bon exemple pour tous ceux qui pensent que, hors de la fabrication à bas coûts - en Chine ou ailleurs - il n'y a plus de salut...
Les articles de Capital ne sont pas en ligne, mais vous pouvez lire le Sommaire de Capital .

Posted by Bernard Buisson on mai 11, 2005 at 08:00 AM dans Revues d'articles | Permalink | Commentaires (2) | TrackBack

La fin des journaux tels que nous les connaissons

Dans un discours à l'American Society of Newspaper Editors, Rupert Murdoch déclarait récemment que les journaux, tels que nous les connaissons, sont voués à une extinction rapide. Ce n'est pas la première fois qu'une telle prédiction est faire (voir notre post du 5 décembre http://portail-innovation.typepad.com/innovationtribune/2004/12/sous_la_pressio.html) mais quand on sait que Murdoch est l'un des plus grands propriétaires de média classiques (TV, radio, journaux) au monde, c'est stupéfiant. C'est un peu comme si le Pape annonçait la fin de l'Eglise catholique.

Les dinosaures prennent donc conscience qu'ils sont en danger. Dumoins l'un d'entre eux. L'analyse de Murdoch ne surprendra pas les familiers du Net: explosion des blogs, changements sociaux qui font que les jeunes générations n'acceptent plus les références morales que pouvaient constituer les grandes figures du journalisme, émergence de nouveaux acteurs (Google, bien sûr), démarches collaboratives de collecte et d'évaluation d'information inspirée des méthodes du logiciel libre, l'explosion de l'information en réseau est partout. La réaction des médias traditionnels, qui méprisent ces sources d'information comme peu sûres et superficielles, est très classique. Ce ne serait pas de l'information "de qualité", vérifiée par des professionnels. En conséquence, ce phénomène ne touchera qu'une minorité d'adolescents, et ceux qui veulent de l'information sérieuse resteront avec les médias traditionnels. C'est évidemment une grave erreur. D'une part parce que les médias traditionnels ont connu et connaissent régulièrement leur lot d'erreurs, de mensonges, de biais et de propagande. D'autre part parce que Linux a prouvé qu'une approche décentralisée, non financière et "démocratique" pouvait produire un résultat de très haute qualité. Amazon a montré que les sources pouvaient être évaluées dynamiquement, éliminant ainsi celles qui ne sont pas fiables. On peut même avancer qu'un tel système est beaucoup plus fiable qu'un éditeur dans son bureau. Les médias traditionnels n'ont existé qu'en raison de la rareté de la matière première et de son coût de traitement, que seule une grande organisation pouvait assumer. C'est désormais terminé lorsque chacun d'entre-nous peut contribuer.
La rupture est en marche, et l'analyse de Clayton Christensen s'applique complètement: le monde de l'information est en train d'être reconfiguré à la suite d'une rupture majeure, les acteurs traditionnels se refusent à l'admettre, et ils se font donc déborder par de nouveaux entrants "non légitimes" avant d'entamer un déclin rapide. Peu de temps avant sa mort, Françoise Giroud, conscience du journalisme français, se plaignait ouvertement de la montée des nouveaux média en indiquant que l'information n'était pas vérifiée et contrôlée par des journalistes professionnels. Il n'est pas sûr que l'avertissement de Rupert Murdoch sera entendu: son message est un anathème pour les média traditionnels; pour les autres, c'est une évidence.
Si vous souhaiez avoir un avant-goût du futur, prenez quelques minutes pour visiter le site suivant: EPIC

Posted by Philippe Silberzahn on mai 10, 2005 at 08:00 AM dans Actualité | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack

« Le plan Beffa fait fausse route »

Allez, on ne s'en lasse pas. Voici l'interview de André-Yves Portnoff, du groupe "Futuribles", parue dans Electronique. "Tout porte à croire que les diagnostics établis ne vont pas assez loin et conduisent à des actions, soit insuffisantes, soit dépassées, car elles ne s'attaquent pas aux racines du mal." Le texte complet:

http://www.electronique.biz/editorial/276055/politique-industrielle/-le-plan-beffa-fait-fausse-route-/

Posted by Philippe Silberzahn on mai 9, 2005 at 08:00 AM dans Actualité | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack

L'angoisse de l'entrepreneur au moment de l'appel de l'inspecteur des impôts

Il fut un temps où l'appel de l'inspecteur des impôts était, pour l'entrepreneur, signe de début des ennuis. Même si vous n'aviez rien à vous reprocher, beaucoup d'entre-nous ont des souvenirs plutôt épouvantables de nos rapports avec cette administration.
C'est pour cela que l'appel que Digital Airways a reçu hier est intéressant: notre inspecteur des impôts nous a appellé pour nous inciter à déclarer notre TVA sur Internet. Charmant, motivé, efficace, loin de la caricature habituelle. Rien que la démarche me séduit. On pourra s'amuser en notant qu'Internet permet de développer un contact humain avec l'administration, mais cela semble bien être le cas. Le simple fait que cette administration prenne la peine de nous appeler pour nous vendre un service - oui, vendre, avec tout ce que sela signifie de respect et de sens d'une relation d'égal à égal, pour nous qui sommes quand même une petite entreprise, me parait un progrès incroyable.
D'une manière générale, l'administration a fait de grands progrès dans la manière dont elle gère ses relations avec les administrés. Nous avons été l'objet récemment d'un contrôle Urssaf et d'un contrôle de TVA et les deux se sont déroulés de manière civilisée (j'imagine que si vous êtes pris en faute, ça doit moins bien se passer, mais au moins désormais, on ne vous prend pas a priori pour un criminel). Je ne sais pas si mon expérience est représentative, et ça m'intéresserait d'avoir d'autres avis.

Posted by Philippe Silberzahn on mai 6, 2005 at 08:00 AM dans Opinion | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack

Renault : l'auto qui n'existait pas

En ces temps de passation de pouvoir entre Louis Schweitzer et Carlos Ghosn, qui sont l'occasion d'une juste célébration du travail impressionnant effectué par ce dernier (et son équipe) au Japon avec Nissan, il est peut-être bon de rappeler que Renault fut, dans les années 80, pionnier d'une approche radicalement nouvelle de la conception et de la fabrication de voitures. C'est ce que raconte un livre paru... en 1993, et intitulé "l'auto qui n'existait pas".

Ecrit par Christophe Midler, directeur du Centre de Recherche en Gestion de l'Ecole Polytechnique, L'auto qui n'existait pas raconte l'histoire de la génèse et du déroulement du projet Twingo. L'auteur a littéralement vécu au sein de l'entreprise pour suivre le projet dès 1989 jusqu'à la sortie de l'auto en 1993. Dès la fin des années 70, Renault cherche un successeur à la fameuse Renault 5. Il s'agit pour Renault de rester dans l'entrée de gamme. Plusieurs projets sont lancés, puis arrêtés. Le contexte difficile que vit l'entreprise dans les années 80 (pertes, climat social, puis assassinat de son PDG) n'est pas propice à la prise de risque. Finalement, le projet qui deviendra Twingo "émerge" à la suite d'un long cheminement. Surtout, l'approche choisie est totalement nouvelle: l'entreprise adopte un mode projet, alors que jusque-là les voitures étaient conçues par étapes, avec une organisation fonctionnelle: bureau d'étude, fabrication, etc. Avec la Twingo, un projet ad-hoc regroupe les compétences et est placé sous la direction d'un chef de projet rendant compte directement au plus haut niveau de l'entreprise. Autre fait nouveau, la voiture est définie avec des contraintes "à rebours", à la japonaise: un objectif de prix et de rentabilité est fixé, et le projet sera annulé s'il n'est pas capable de le respecter. Du coup, les méthodes de travail sont revues, le choix de l'usine elle-même est conditionné - plutôt qu'une usine flambant neuve, on partira d'une ancienne usine que l'on modernisera sur certains points seulement, en conservant un avantage coût/bénéfice maximal. De même, les fournisseurs, hier simples exécutants, sont étroitement associés et invités à adopter une approche créative pour remplir les objectifs de coûts. C'est l'ensemble de l'approche qui est complètement revue., désormais totalement intégrée
Ni livre de management, ni manuel universitaire, le livre est une "histoire conceptualisée". Dans la première partie, l'histoire du projet est raconté dans le détail. Dans la seconde, une analyse des implications est menée. Celle-ci montre bien que l'innovation, ce n'est pas seulement sortir des produits techniquement supérieurs, c'est aussi innover sur ses méthodes. L'approche projet et la prise en compte en amont d'objectifs économiques sont ainsi à l'origine d'une révolution de la conception, et, au-delà, du management industriel et de l'organisation. La Twingo permettra à Renault, gràce à son succès, de garder pied dans l'entrée de gamme, et ce de manière profitable.
Le livre sur Amazon: L'auto qui n'existait pas

Posted by Philippe Silberzahn on mai 2, 2005 at 09:10 AM dans Revues de livres | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack