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Hard Drive : Bill Gates and the making of the Microsoft empire
Puisqu'on parlait récemment de Steve Jobs, impossible de ne pas mentionner son alter ego Bill Gates. Pour ceux que l'histoire de Microsoft intéresse, la lecture "Hard Drive- Bill Gates and the making of the Microsoft empire" écrit par James Wallace et Jim Erickson s'impose. Le livre raconte l'histoire de Microsoft depuis la jeunesse de Gates jusqu'en 1992. Le livre est sans concession (apparemment, Gates l'a peu apprécié), très utilisé par les adversaires de Microsoft pendant le procès anti-trust, mais il montre bien les ressorts du succès de l'entreprise: un engagement permanent de Gates, une aggressivité incroyable dans la conduite des affaires, une connaissance parfaite de l'industrie et une maîtrise de la technologie sans égal, une capacité à lier technologie et business et d'en comprendre les enjeux, la capacité de s'entourer de gens capables et compétents, de corriger des erreurs sans tabou, etc. En tout cas, le livre montre bien que le succès de Microsoft n'est pas du à la chance (pour ceux qui le coyaient encore). Il se lit comme un roman.
Posted by Philippe Silberzahn on juillet 28, 2005 at 07:00 AM dans Revues de livres | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack
Steve Jobs, bis
Suite à mon post élogieux sur l'adresse de Steve Jobs - devenu philosophe et sage - aux étudiants de Standford, un ami m'a fait fort justement remarquer que le personnage avait d'autres facettes, disons, moins positives. Pour ceux que le sujet intéresse, on lira avec profit deux livres passionnants sur Apple. Le premier s'intitule tout simplement Apple, et est écrit par Jim Carlton. C'est un classique. Le second s'appelle, avec beaucoup d'humour, Infinite loop, et il est écrit par Michael Malone. Infinite loop, ou boucle infinie, c'est ce qui arrive quand un informaticien se plante dans son code et que ce dernier tourne à vide à l'infini. L'image décrit bien la spirale infernale qui fut celle d'Apple jusqu'à la fin des années 90. Jobs est en fait un leader 4 typique, pour reprendre la classification de Jim Collins dans Good to Great: un génie entouré de mille assistants qui fait tourner l'entreprise autour de sa forte personnalité. Avec les avantages et les inconvénients. Les leaders 4 talentueux propulsent leur entreprise aux sommets, mais en faisant reposer ce succès sur leur seul talent ne bâtissent rien de durable et exposent l'entrepris à un déclin brutal lorsqu'ils meurent ou prennent leur retraite.
Posted by Philippe Silberzahn on juillet 26, 2005 at 07:00 AM dans Revues de livres | Permalink | Commentaires (5) | TrackBack
Zara, ou comment l'innovation peut sauver le textile européen
Le textile chinois est parti à l'assaut de l'Europe, et rien ne semble pouvoir lui résister. Rien, sauf une entreprise ...espagnole, qui montre que face aux t-shirts à 1 Euro, il vaut mieux choisir un autre terrain que celui des coûts.
Dans un article paru dans son édition du 16 juin dernier, The Economist relatait l'incroyable succès de cette entreprise, filiale du groupe inditex, fondé en 1963 et dont le chiffre d'affaires atteint désormais 5 milliards d'Euros. Pas mal pour une jeune entreprise dans un secteur en crise permanente depuis vingt ans.
Quel est le secret de Zara? En un mot, la réactivité et la mise en oeuvre d'une chaîne logistique incroyablement sophistiquée, pour mettre en place ce que The Economist appelle "fast fashion", un peu comme il y avait le fast food. Tout est basé sur un suivi étroit des tendances et attentes dans les différents magasins. L'idée est de réagir immédiatement à la moindre évolution, et d'assurer un renouvellement des collections en permanence, non pas tous les six mois (hiver/été) mais toutes les semaines! Ainsi, une cliente peut revenir souvent dans le magasins et ne jamais y retrouver la même chose. La chose passe par une intégration totale des opérations, de la conception (Zara emploie 300 designers) à la fabrication, confiée à une myriade de micro sous-traitants de Galicie. Cette approche est intéressante: seule la fabrication à proximité permet une telle réactivité. Une délocalisation en Asie abaisserait les coûts, mais nécessiterait un alongement substantiel des délais, en contradiction directe avec le concept économique.
Zero stocks, des toutes petites séries pour éviter les invendus, calamité du secteur, le maître mot est la vitesse et la légèreté.
Les magasins, eux, sont entièrement informatisés, permettant au siège de suivre en temps réél les ventes, ce qui lui permet d'être réactif. Bien sûr, l'entreprise fait face à quelques défis: maîtrise de la croissance et faiblesse aux Etats-Unis, mais Zara illustre bien qu'il est possible de rester concurrentiel, voire leader, dans des secteurs réputés en crise, grâce à l'innovation. L'innovation, dans le cas de Zara, n'est pas technologique. Il ne s'agit pas de sortir des habits hauts de gamme ou toujours plus sophistiqués; Elle porte au contraire sur les processus et sur le concept économique de l'entreprise, qui consiste à offrir au client des vêtements à la mode tout en étant très bon marchés. En un mot, un bon concept économique soutenu par une organisation originale et une mise en oeuvre parfaite.
Posted by Philippe Silberzahn on juillet 21, 2005 at 07:00 AM dans Cas d'école | Permalink | Commentaires (2) | TrackBack
"Institute for strategy and competitiveness" de Michael Porter
Michael Porter, célèbre professeur de Harvard Business School et auteur de livres références sur la stratégie dite classique (L'avantage concurrentiel) travaille désormais sur les questions de compétitivité aussi bien au niveau des entreprises, son domaine original, qu'au niveau des régions et pays. Il a d'ailleurs écrit sur L'avantage concurrentiel des nations
à ce sujet. Il touche donc aux questions de société et à la problématique plus générale du développement.
Le site de son Institute for Strategy and Competitiveness est très riche avec de nombreux articles en téléchargement gratuit, et pour une fois pas entièrement en anglais(certains articles sont en allemand et en espagnol, rien en français).
Sur le thème plus spécifique de l'innovation, les travaux de Porter couvrent des questions comme la capacité d'innovation des pays, le rôle de la géographie dans le développement, l'étude des facteurs d'innovation d'un pays, etc. On peut regretter que les articles soient parfois un peu anciens, mais au final beaucoup de ressources sur ce site, et une visite utile à l'heure où ces questions font débat en France.
Posted by Philippe Silberzahn on juillet 19, 2005 at 07:00 AM dans Sites Web | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack
Demain, la chaîne de la vie économique et sociale... et des entrepreneurs
Voici une chaîne de télévision intelligente. Je suis tombé dessus par hasard (j'ai décidé de cesser de regarder la télévision) et je tenais à la mentionner. Demain, c'est son nom, est la chaîne de la vie économique et sociale. En gros, c'est une chaîne positive, c'est déjà une grosse différence avec les autres, et elle offre plein de rubriques sympas, en particulier dans le domaine entrepreneurial: offres de reprises d'entreprises, reportage sur des entrepreneurs (il y avait récemment un long documentaire suivi d'un débat passionnant sur les femmes immigrées qui créent leur entreprise), sur des villages qui essaient de recréer une dynamique économique, certains avec beaucoup de succès, etc. Ni larmoyant, ni militant, simplement pratique et bon enfant, un vrai plaisir. Leur site Internet est une mine d'infos (formations adresses utiles, etc.)
C'était notre minute positive...
Posted by Philippe Silberzahn on juillet 18, 2005 at 07:00 AM dans Actualité | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack
Amazon souffle ses dix bougies !
Il y a dix ans, un garçon de 31 ans installait dans un garage (encore un) de la banlieue de Seattle trois microstations Sun sur des tables bricolées à partir de portes achetées $60 chacune chez Home Depot.
Le 16 juillet 1995, Jezz Bezos ouvrait le site Amazon.com, après avoir donné le lien à 300 personnes.
En un mois, sans publicité, sans articles de presse, Amazon avait vendu dans les 50 Etats américains, et dans 45 pays étrangers. En septembre 1995, les ventes d'Amazon atteignaient $20000 par semaine !
Amazon fêtera l'évènement demain avec un concert à Seattle de Bob Dylan et de Norah Jones qui sera retransmis en direct sur Amazon.com (17h, heure de Seattle). Il y a d'autres évènements dont les clients français n'ont malheureusement pas pu profiter, comme par exemple la livraison d'une paire de tennis par Anna Kournikova...
Une bonne page sur les débuts de Jeff Bezos : www.achievement.org/autodoc/page/bez0bio-1
Posted by Bernard Buisson on juillet 15, 2005 at 07:00 AM dans Actualité | Permalink | Commentaires (1) | TrackBack
Siemens: Le nerf de la guerre, c'est l'innovation. 75 % de nos produits ont moins de cinq ans
Entretien accordé par Klaus Kleinfeld, PDG de Siemens, au Monde. On notera un certain optimisme, tranchant un peu avec l'humeur ambiante en Europe en ce moment. Selon lui, la France et l'Allemagne restent globalement compétitives. Il remarque que si la maîtrise des coûts est indispensable, "le nerf de la guerre, c'est l'innovation". Il estime que l'Europe est une chose extraordinaire - il rappelle que lorsqu'il a commencé sa carrière, l'Irlande était pauvre et l'Espagne sortait d'une dictature, comme la Grèce. Il ne pense pas le modèle social allemand dépassé, puisque ce pays reste un grand exportateur.
Le détail de l'entretien: http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0,36-670452,0.html.
Posted by Philippe Silberzahn on juillet 13, 2005 at 07:00 AM dans Actualité | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack
"Les achats en ligne explosent en France"
Le monde change, et les Français aussi, quoi qu'on en dise. Le Figaro Economie de samedi dernier (9 juillet) explique que les Français, qu'on disait réticents face aux achats sur internet, sont devenus les champions d'Europe des achats en ligne !
On y apprend notamment que près de la moitié des internautes (47%) ont effectué au moins un achat en ligne au cours du premier semestre 2005.
A lire sur : http://www.lefigaro.fr/eco-hitech/20050709.FIG0130.html?153233
Posted by Bernard Buisson on juillet 12, 2005 at 08:00 AM dans Revues d'articles | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack
"Stay hungry. Stay foolish"
Beau discours de Steve Jobs lors de cérémonie de remise des diplômes à Stanford. Mêlant humour, ironie et gravité, Jobs évoque trois périodes cruciales de sa vie: lorsqu'il a abandonné ses études, lorsqu'il s'est fait virer d'Apple, la société qu'il avait fondée, et lorsqu'il a failli mourir. Intéressant lorsqu'il mentionne qu'il est parfois indispensable de faire des choses inutiles, car elle peuvent un jour servir, et de manière inattendue. C'est ce qu'il appelle "connecting the dots". Pour lui, c'est la calligraphie, qu'il a pratiquée un temps avant de se tourner vers autre chose. Il prétend que dix ans plus tard, cela lui a donné l'idée de créer des polices de caractères graphiques et variées en développant le Mac. Le temps perdu à faire des choses "inutiles" est une activité que les innovateurs connaissent bien...
Surtout, et s'adressant à des étudiants de l'une des plus prestigieuses universités des Etats-Unis, Jobs leur recommande de tracer leur propre chemin en faisant ce qu'ils aiment avant tout. Un loitain écho de notre ami Jim Collins...
Le discours de Jobs: http://news-service.stanford.edu/news/2005/june15/jobs-061505.html.
Posted by Philippe Silberzahn on juillet 11, 2005 at 07:00 AM dans Actualité | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack
La dynamique stratégique de l'entreprise
Voilà un livre qui ne date pas d'hier, puisqu'il est sorti en 1998. Ecrit pas Marc Giget, titulaire de la chaire d'innovation au CNAM et consultant vétéran, il se veut avant tout un manuel de stratégie, mais pas vraiment avec une approche classique. D'abord, on n'y trouvera pas les inévitables matrices de l'analyse stratégique classique, aussi séduisantes qu'inutiles. D'ailleurs, Giget leur règle leur compte rapidement en indiquant qu'elles ont certainement fait plus de dégâts dans l'industrie américaine que les entreprises japonaises. Au contraire, l'approche stratégique promue ici est dynamique: l'entreprise est un être vivant, et sa stratégie est basée sur la notion d'arbre de compétence. Ensuite, on n'y sera pas assomé par les références bibliographiques et les concepts théoriques: ce n'est pas un manuel universitaire, mais plutôt un ouvrage managerial.
L'arbre de compétences symbolise l'approche stratégique. Les racines,
ce sont les compétences de l'entreprise. Le tronc, son processus de
fabrication (au sens large) et les feuilles, les différents produits et
segments.
L'un des aspects appréciables de l'ouvrage est l'inscription de la stratégie dans un contexte plus global que simplement l'entreprise. Giget explique pourquoi il n'y a pas vraiment de relève de petites entreprises en France en dressant un tableau historique passionnant qui montre bien la catastrophe absolue qu'a représenté la première guerre mondiale, qui a stoppé net la formidable éclosion entrepreneuriale du début du XXème siècle, dont on a oublié la vigueur. Les entreprises qui ne sont pas nées à partir des années 20 manquent à l'appel des PME ving ans plus tard et à celui des grandes entreprises aujoud'hui. Il faudra du temps pour reconstruire la forêt...
Le livre chez Amazon.
Posted by Philippe Silberzahn on juillet 8, 2005 at 08:00 AM dans Revues de livres | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack
Harvard working knowledge
Havard Business School Working Knowledge, le site de la Harvard Business School, est un site intéressant où l'on peut télécharger gratuitement des articles sur différents thèmes de stratégie, marketing, organisation, innovation, opérations, leadership, etc. A visiter régulièrement.
Posted by Philippe Silberzahn on juillet 6, 2005 at 08:00 AM dans Sites Web | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack
Fabricants de téléphones mobiles européens, l'hécatombe
Les oiseaux se cachent pour mourir, les fabricants de téléphones mobiles européens aussi. Et pourtant ils meurent en grand nombre. L'Europe est en train de se vider de ce qui fut, il n'y a pas si longtemps, un coeur technologique. Un comble pour le continent qui a inventé, et imposé au monde, le standard GSM. D'abord, c'est le fabricant japonais Mitsubishi qui décide, en avril dernier, de fermer son centre de recherche ouvert à Rennes. Déjà, en 2002, le groupe avait brutalement fermé son usine de production, supprimant un millier d'emplois.
Puis c'est Siemens. La rumeur courait depuis longtemps, mais la nouvelle finit par tomber, et Siemens revend son activité au taiwanais BenQ. Plus près de nous, et plus grave pour l'industrie française, c'est Alcatel qui annonce son retrait du marché. On se souvient qu'Alcatel avait déjà placé toute son activité dans une filiale commune avec le chinois TCL il y a un an. Mais fin juin, l'entreprise française décide de sortir totalement de la filiale en revendant sa participation à TCL. Dans les faits, Alcatel abandonne la conception et la fabrication de terminaux mobiles.
Et ce n'est pas tout! Le 29 juin, le petit, mais dynamique fabricant anglais Sendo, annonce qu'il est mis en liquidation et que Motorola, le deuxième fabricant de téléphones mobiles au monde, en rachète les actifs (équipes de R&D, brevets, etc.)
Voilà, quatre en moins en quatre mois, soit un par mois. On imagine l'impact sur toute la filière électronique, télécom et informatique de la disparition de ces grands donneurs d'ordres. C'est qu'il ne s'agit pas seulement de délocaliser la production en Chine: quand on ferme des centres de recherche et de développement, c'est une compétence qui disparaît.
On peut
espérer que le rythme va baisser un peu, mais sans doute peut-être
parce que les candidats se font plus rare. Heureusement, en France, il
reste Sagem, qui se porte bien, ainsi que plusieurs filiales d'entreprises étrangères comme Motorola, Philips et Texas Instruments. Signalons également que LG, grand fabricant coréen, a ouvert un centre de recherche en France en décembre dernier, à contre-courant, et c'est tant-mieux. Autre européen, Nokia, bien sûr, semble s'être remis de ses récentes difficultés.
N'ignorons pas, toutefois, l'offensive asiatique dans ce domaine. En récent voyage en Asie, j'ai visité un grand magasin et je suis allé au rayon téléphones mobiles. La moitié des marques offertes étaient des chinois inconnus en Europe, et qui n'étaient pas en rayon l'année dernière. J'ai même trouvé des marques que je ne connaissais ni d'Eve ni d'Adam. A des prix défiant toute concurrence naturellement. Pour leur résister, il faudra que les fabricants européens, ceux qui restent, aient une bonne stratégie...
Posted by Philippe Silberzahn on juillet 5, 2005 at 07:00 AM dans Actualité | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack
La Renault Logan, un bon exemple d'innovation radicale "interne"
Le lancement par Renault du modèle Logan est un cas d'école intéressant car il constitue une exception à la thèse de Clayton Christensen selon laquelle les grandes entreprises leader sont incapables de lancer des innovations radicales.
La pente naturelle de toute entreprise est la montée en gamme de ses produits: alors que l'entreprise se développe, sa structure de coût augmente, son point mort s'élève, elle a donc besoin de produits plus hauts de gamme pour maintenir ses marges. il est très difficile pour elle de continuer à créer des produits bas de gamme, car ceux-ci ne correspondent plus à sa structure de coût. Les entreprises sont donc facilement victimes de ce que Christensen appelle "la rupture par le bas". Au bout d'un certain temps en effet, lorsque le leader d'un marché monte ainsi en gamme, il finit toujours par se faire attaquer par une offre bas de gamme. Dans l'automobile, ce fut notamment le cas aux Etats-Unis: alors que Ford avait basé son développement sur le modèle T, trois fois moins cher que ses concurrents, la marque avait progressivement abandonné ce segment pour le moyen et haut de gamme. Dans les années 70, les Japonais envahissent le marché par le bas de gamme, et les fabricants américains sont pratiquement incapables de répondre en proposant leurs propres modèles. Une fois installés, les fabricants japonais sont inévitablement montés en gamme jusqu'à produire des voitures de luxe comme la Lexus. Inévitablement, ils furent ensuite eux-même attaqués par les Coréens, eux-même attaqués maintenant par les Chinois.
C'est dire si le lancement de la Logan est important: il constitue un rare cas d'une entreprise qui tente de résister à la fuite vers le haut de gamme en proposant le premier modèle à 5000 Euros. Renault est cependant familier du fait: la Twingo était déjà une tentative, réussie, de conserver une présence dans ce segment. Pour que le projet soit rentable, l'entreprise avait totalement revu ses méthodes de conception et de production (voir notre billet à ce sujet et le livre de Christophe Midler sur le projet Twingo). On imagine que, comme dans le cas de la Twingo, la résistance organisationnelle a dû être très forte, et il semble qu'il n'ait été jusqu'au bout que gràce à l'insistance de Louis Schweitzer. Reste à savoir si elle sera complètement assumée par l'ensemble de la firme (pas de Logan sur le site renault!), et non pas reléguée au fond des concessions: un commercial préférera ainsi toujours une grosse commission sur une Vel Satis qu'une petite sur une Logan. Toujours est-il que le pari semble gagné: le véhicule est actuellement en rupture de stock.
On lira avec intérêt l'entretien que Kenneth Melville, le designer écossais de la Logan, a accordé à BusinessWeek où il explique comment les difficultés de produire une voiture à si bas prix tout en restant rentable ont été résolues gràve à une approche particulière du design.
Posted by Philippe Silberzahn on juillet 1, 2005 at 08:00 AM dans Cas d'école | Permalink | Commentaires (2) | TrackBack
