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Les Mardis de l'innovation au CNAM, prochaine séance: L'Innovation à La Renaissance
Mardi 3 janvier 2006: L'Innovation à La Renaissance
La Renaissance, période exceptionnelle d'humanisme, d'ouverture et de créativité est à l'origine des codes modernes de l'innovation avec le maillage entre découvertes, progrès scientifique, technique, artistique, humain, culturel, juridique, financier, commercial, et entrepreneurial. C'est l'époque de la création du venturi capitale, des banques à réseau, du brevet d'invention, du commerce international, de la monnaie commune, des liens étroits entre les arts, la technique, le commerce et la finance. C'est aussi le début d'un âge d'or de l'Europe, qui restera plus de 5 siècles à la pointe de l'innovation mondiale par la qualité de sa synthèse créative.
Les apports fondamentaux de la Renaissance et leur actualité dans le contexte européen d'aujourd'hui.
Lieu des conférences: CNAM Amphi C, 292, Rue St Martin, Paris 3ème - De 18h15 à 21h15
Animés par Marc Giget, les Mardis de l'Innovation ont pour but de diffuser la culture de l'innovation sous toutes ses formes à travers des grandes conférences/débats portant sur les théories et concepts clefs de l'innovation, illustrés de nombreux exemples, la présentation par leurs acteurs des meilleures pratiques d'innovation à travers le monde, l'innovation dans des secteurs en transformation rapide, les grandes périodes d'innovation du passé, et l'innovation dans d'autres pays.
Les Mardis de l'innovation sont suivis par les auditeurs du CNAM
préparant des formations professionnelles spécialisées en gestion de
l'innovation. Ils sont ouverts gratuitement aux cadres dirigeants :
entrepreneurs, directeurs de la R&D et de laboratoires, directeurs
marketing, responsables de marque et de SBU, investisseurs, chefs de
projets, créateurs, artistes, designers, concepteurs, porteurs de
projets, gestionnaires publics de la recherche et de l'innovation.
Compte
tenu du nombre limité de places disponibles et des mesures de sécurité,
il est indispensable de s'inscrire avant chaque séance en laissant ses
coordonnées (nom, prénom, fonction, organisme, e-mail, téléphone) sur
innov@cnam.fr.
Les Mardis de l'innovation sont également diffusés sur le programme "Les chemins de la connaissance" de France Culture.
Ils peuvent aussi être reçus en direct ou différé, en diffusion ou en
duplex/multiplex (vidéo et audio) au sein d'universités, écoles ou
entreprises.
Posted by Philippe Silberzahn on décembre 30, 2005 at 07:00 AM dans Actualité, CNAM | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack
L'alliance Google - AOL qui isole Microsoft
Difficile de savoir qui est le gagnant de la partie de poker menteur qui vient de se jouer aux Etats-Unis et qui se termine par l'acquisition par Google de 5% d'AOL pour... un milliard de dollars, au nez et à la barbe de... Microsoft. Mais il semble bien que ce soit Google. Rappelons qu'AOL est un pionnier de la télématique, ancêtre d'Internet, un mastodonte qui, en supprimant la facturation à la minute pour un forfait a, en 1995, fait exploser Internet en a pris le leadership. Jusqu'à l'arrivée d'ADSL, que l'entreprise mettra longtemps à accepter, un syndrome classique de l'innovateur, laissant ainsi la voie à de nouveaux entrants. Aujourd'hui, AOL est toujours un acteur important, mais a perdu son leadership dans l'accès tout en conservant une bonne position dans les contenus. Le modèle qu'il représentait, celui d'un portail fermé avec applications maison, a vécu et AOL essaie désormais de parier sur un portail ouvert. Aujourd'hui, l'entreprise représente 10% du chiffre d'affaire de Google, qui lui fournit son service de recherche; c'est dire s'il était important pour Google de ne pas laisser faire la fusion AOL-MSN qui se préparait et pour laquelle, apparemment, tout était prêt. Google garde donc son chiffre d'affaire, signe un énorme chèque et isole un peu plus Microsoft, qui se retrouve du coup dans une situation difficile: son moteur de recherche, sensé concurrencer Google, bien que correct, ne marche pas très fort, et son portail MSN non plus, malgré dix ans d'investissements massifs. En fait, les deux entreprises avaient des objectifs différents. Google souhaite rester dans l'univers des services (recherche, email, messagerie, etc.), sans apparemment avoir pour objectif de devenir un media, au contraire de Yahoo et AOL. Microsoft a toujours cette double ambition. C'est sans doute, paradoxalement, ce qui a pesé, in fine, dans la balance. Microsoft reste la bête noire d'un grand nombre d'acteurs, et AOL a sans doute préféré signer avec un partenaire qui ne le menacera pas sur son terrain, le contenu, plutôt qu'avec un autre qui a un longue habitude de manger ses partenaires tout cru. Microsoft touche sans doute là les limites de sa stratégie consistant à être actif dans tous les domaines. Un vieux routier du marketing m'avait dit, il y a longtemps: "Chaque fois que tu entres dans un nouveau marché, tu te fais dix ennemis nouveaux. Ce n'est pas une raison pour ne pas entrer, simplement, il faut en mesurer les conséquences."
Reste à savoir si posséder 5% d'AOL a un grand intérêt au-delà d'une garantie de chiffre d'affaire - un milliard de dollars, ce n'est pas une faible somme - et si cette prise de participation ne pose pas, elle aussi, des problèmes aux autres partenaires media de Google.
Voir l'article de Libé sur l'accord Google-AOL.
Posted by Philippe Silberzahn on décembre 28, 2005 at 07:00 AM dans Actualité | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack
Thomson: histoire d'une mue réussie?
Vous ne trouverez bientôt plus d'appareils de marque Thomson dans votre magasin préféré d'électroménager. Encore une disparition d'une grande entreprise européenne face au déferlement asiatique? Oui et non. Oui parce qu'il y a 20 ans, Thomson rêvait d'être le Matsushita ou le Sony français, vendant aussi bien des fours à micro-ondes, des machines à laver que des chaînes hi-fi et plus récemment des baladeurs numériques, et bien sûr des téléviseurs. Thomson était d'ailleurs l'un des plus gros fabricants de tubes cathodiques. On l'oublie, l'entreprise fut l'un des piliers d'une politique industrielle française, pilotée par l'Etat, qu'on essaie de ressortir de nos jours. Tout ça s'est assez mal terminé et à la fin des années 90, le groupe était exsangue, à tel point que le gouvernement Juppé avait tenté de vendre le groupe à Daewoo, un groupe Coréen, pour... 1F symbolique, puis avait reculé devant le tollé. Non, ce retrait de Thomson n'est pas une disparition, mais peut-être bien une reconfiguration intelligente face à un environnement que l'entreprise avait bien perçu. D'abord, les activités de défense furent cédées par la création de Thalès. Plus récemment, l'entreprise s'est recentrée vers l'amont de la chaîne musicale et vidéo, en abandonnant progressivement les activités grand-public au profit du secteur professionnel. L'objectif de Thomson est désormais d'être le fournisseur attitré des industries de l'image, dans des domaines comme les effets spéciaux, les réseaux TV et la duplication de DVD, etc. On pourrait penser que c'est un jeu assez risqué, mais au moins la stratégie est claire et cohérente, assez loin du sauve-qui-peut qui prévaut souvent dans certains grands groupes qui taillent dans leurs effectifs sans idée claire de où ils vont.
Posted by Philippe Silberzahn on décembre 26, 2005 at 07:00 AM dans Actualité | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack
Resolving the Innovation paradox
Si vous cherchez une introduction générale à l'innovation en anglais, le livre Resolving the innovation paradox est sans doute un bon choix. Georges Haour, son auteur, est Professeur à l'IMD (Lausanne), l'une des meilleurs écoles de commerce en Europe.
Haour part du constat suivant: l'innovation est universellement reconnue comme essentielle au succès d'une entreprise, en particulier high-tech, mais en pratique, son dirigeant n'en fait que rarement une priorité.
Le livre analyse les difficultés rencontrées et propose des solutions. La principale est l'innovation distribuée, qui s'appuie sur le fait que l'entreprise innove de moins en moins seule, mais intègre des réseaux de partenaires offrant des voies nouvelles de valorisation, comme la concession de licence. Ces réseaux permettent également d'exploiter des compétences qui se situent à l'extérieur pour les combiner avec leur compétences internes, créant ainsi une sorte d'entreprise étendue. Un thème cher à Henri Chesbrough (Open Innovation). Selon cette approche, une entreprise n'est plus limitée par un manque de ressource pourvu qu'elle soit capable de tisser les bon liens. Le livre fournit de nombreux exemples d'une telle approche avec des entreprises comme Intel, Nokia, Danone, Samsung et Generics. Cette dernière est un mélange d'incubateur et de centre de recherche sous contrat, une entreprise d'innovation en quelque sorte, fonctionnant totalement en réseau: en amont, Generics aide les entreprises dans leur recherche, et en aval, elle contribue à lancer des startups sur la base de ses propres résultats. Haour veut y voir un exemple de ce que peut-être une entreprise totalement innovante. Le livre évoque aussi la question de l'intrapreneuriat - comment favoriser l'entrepreneuriat au sein des entreprises? - et par extension, comment gérer et inciter les managers à être plus entrepreneuriaux.
J'ai eu la chance de rencontrer l'auteur lors d'un de ses passages à Paris pour discuter avec lui de l'innovation. Outre ses activités d'enseignement, il conseille également plusieurs entreprises, et dispose donc d'une longue expérience pratique, aux antipodes des tendances universitaires du moment. Il estime que l'Europe n'a rien à envier aux Etats-Unis en matière d'innovation, une position déjà défendue par d'autres et que je trouve rafraîchissante. Seule la recherche ayant un impact managérial l'intéressant, on ne trouvera pas de théorie ni de modèle dans le livre, qui s'adresse avant tout aux managers et aux praticiens.
Posted by Philippe Silberzahn on décembre 23, 2005 at 07:00 AM dans Revues de livres | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack
Les députés résistent au verrouillage du Net... un peu
Il n'y a rien de plus beau qu'un parlement qui fait bien son travail. Contre toute attente, en effet, les députés se sont opposés au gouvernement en adoptant deux amendements légalisant la copie privée sur les réseaux "peer-to-peer". C'est important sur la forme - s'opposer à une legislation poussée en urgence à la demande de certains lobbies - et sur le fond - défendre la copie privée et une certaine liberté sur Internet. Le spectre de la chasse aux internautes demeure, cependant et cette 'victoire' pourrait n'être que partie remise. Lire l'article du Nouvel Obs.
Posted by Philippe Silberzahn on décembre 22, 2005 at 01:23 PM dans Actualité | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack
Les marchés bilatéraux
Un article très intéressant de The Economist mentionnait récemment les travaux récents dans le domaine que les économistes appellent les marchés bilatéraux (two-sided markets). Un marché est dit bilatéral quand l'offre et la demande sont interdépendants pour créer le marché. Par exemple, si vous décidez de lancer une nouvelle carte de crédit, les clients ne la prendront que si un nombre minimum de commerçants l'acceptent. Inversement, les commerçants ne l'accepteront que si un nombre minimum de clients la possèdent et l'utilisent. La rupture d'un tel cercle vicieux ne peut se faire qu'avec des stratégies de tarification particulières. Par exemple, pour lancer sa Xbox, confrontée au même type de problématique, Microsoft subventionne les développeurs de jeux, et vend sa machine à perte. L'idée est que plus il y aura de machines vendues, plus les fabricants de jeux seront incités à produire une version pour la Xbox,... ce qui augmentera les ventes de Xbox. On retrouve cette problématique dans de nombreuses industries: compagnies aériennes avec leurs programmes de miles, cartes de crédit, mais aussi et surtout dans la technologie avec la fameuse notion de plates formes: intel, Microsoft Windows, Palm, etc. Autant la rupture du cercle est difficile, autant pour celui qui y arrive, les bénéfices sont importants. Car une fois que le marché bilatéral est établi, et pour peu qu'il soit bien géré, il constitue souvent une forteresse proche d'un monopole. Ce qui explique l'intérêt des économistes et, surtout, des régulateurs. La subvention initiale est souvent vue comme du dumping surtout si elle vient d'un acteur fortement établi dans d'autres domaines (ex: Microsoft). Le monopole résultant, au lieu d'être vu comme la juste rétribution d'un effort de subvention, est vu comme une pratique anti concurrentielle. On conçoit dans ces conditions que la tarification soit très complexe, car il y a manifestement interdépendance entre plusieurs produits. La stratégie des fabricants d'imprimantes est identique: vendre l'imprimante couleur à perte (50 euros) et se rattraper sur la cartouche lorsque le client est "prisonnier".
La publication (en libre accès) du papier de Jean Tirole et Jean-Charles Rochet mentionné par The Economist est l'occasion de saluer la réussite de l'Université de Toulouse qui a su développer une recherche de niveau mondial dans le domaine de l'économie, ce qui est très rare pour des équipes françaises. On mentionnera aussi le papier de David Evans, plus facilement lisible.
L'article de The Economist (hélas réservé aux abonnés): ici.
Posted by Philippe Silberzahn on décembre 21, 2005 at 07:00 AM dans Théorie | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack
Musique et cinéma vérrouillés sur le Net
Bien discrètement, et dans la précipitation, le gouvernement s'apprête à faire voter une loi dite DADVSI réformant le droit d'auteur. Il s'agit de mettre fin au piratage, ce que le ministre de la culture (oui, il y en a un en ce moment) appelle sans rire "l'illusion de la gratuité". Résultat d'une intéressante convergence d'intérêts entre les industries de la culture et celle de l'informatique, qui espère vendre les systèmes de verrouillage, la loi est en discussion en ce moment. Le texte introduit une innovation majeure dans le code la propriété
intellectuelle : la légitimation des technologies anticopie destinées à limiter la reproduction numérique. Tenez-vous bien, tout contournement sera passible de trois ans de prison et de 300 000 euros d'amende. "Tout ce qui est excessif est insignifiant", disait Talleyrand, mais tout de même. On nous dit que la majorité des ayants droit estime que le verrouillage est la condition sine qua non à la sauvegarde de la création. C'est bien entendu inexact: l'immense majorité des auteurs, que ce soit de livres ou de musique, ne vivent pas de leurs oeuvres, et se trouvent exclus du "marché" par les même éditeurs qui prétendent aujourd'hui défendre leurs droits.
Une pétition contre cette loi circule en ce moment sur le Net et a déjà été signée par plus de 100.000 personnes.
Posted by Philippe Silberzahn on décembre 20, 2005 at 08:49 AM dans Actualité | Permalink | Commentaires (1) | TrackBack
"Les ruptures qui bouleversent les marchés"
Notre ami Benoit Sarazin (Farwind Consulting) animera le jeudi 19 janvier prochain, de 8h45 à 11h00 un petit déjeuner sur ce thème.
Les marchés sont bouleversés par des ruptures :
- Nouvelles technologies,
- Nouvelles réglementations,
- Concurrents avec un nouveau modèle économique,…
Pour les différents acteurs, la situation n’est pas claire. Les dirigeants on l’impression d’être dans le brouillard. Quel virage prendre pour saisir les opportunités ? Comment éviter de se faire distancer par les concurrents ?
Benoit exposera une méthode originale permettant de :
- Décrypter les ruptures de marché,
- D'identifier les opportunités,
- De prendre les bons virages avant les concurrents
Le déroulement :
Dans la première partie, Benoit illustrera le sujet par des cas réels de ruptures de marché et exposera sa méthode. Puis un débat aura lieu avec l’assistance sur l’applicabilité de cette méthode dans des situations réelles. Café et viennoiseries seront servis au début de la réunion.
Les participants :
Sont invités les responsables en entreprise qui sont confrontés à des phénomènes de rupture de marché et souhaitent échanger avec leurs pairs.
Cette conférence aura lieu aux Citadines, 53ter quai des Grands Augustins, 75006 Paris. (Métro Saint Michel)
Pour réserver (le nombre de places est limité et la réservation préalable est obligatoire) : envoyez un message email à dbarrier@camino.asso.fr avec le sujet suivant "Oui, je souhaite assister au petit déjeuner sur les marchés en rupture du Jeudi 19 janvier", en précisant :
- Votre nom,
- Votre numéro de téléphone,
- Votre fonction,
- Votre entreprise.
Posted by Bernard Buisson on décembre 20, 2005 at 07:00 AM dans Actualité | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack
Le mème, un concept utile pour étudier les mécanismes profonds de l'évolution et de l'innovation
Et si l'innovation résultait de notre capacité d'imitation? Selon Richard Dawkins, auteur du Gène égoïste, la culture humaine serait principalement le résultat de l'apparition d'une nouvelle sorte de réplicateurs, les mèmes, qui ont envahi tout l'espace disponible dans les cerveaux et les supports des échanges entre les hommes. Dawkins propose de créer une nouvelle science, la mémétique, qui est aux idées et à la connaissance ce que la génétique est à l'organisation cellulaire. Un mème est "une idée, un comportement, un style ou un usage qui se propage de personne à personne au sein d'une culture". Les mèmes constituent une force puissante qui pourrait avoir façonné notre évolution culturelle et, par rétroaction, biologique c'est-à-dire finalement génétique.
Une idée que reprend Susan Blackmore, auteur de "Pourquoi les hommes singent". Elle considère que le fait nouveau fut l'apparition chez les hominiens de la capacité à imiter, vers deux millions d'années avant JC, c'est-à-dire peu avant l'invention des outils. Elle affirme que les animaux ne sont pas capables d'imitation car il s'agit d'une activité complexe. Ce que l'on appelle imitation chez un animal constitue en fait l'adaptation d'un comportement inné à une situation nouvelle. L'imitation généralisée de toutes sortes d'activités non spécifiées est bien plus difficile. Elle constitue une aptitude précieuse, car son détenteur bénéficie ainsi du savoir ou de l'ingéniosité des autres.
L'imitation s'est développée chez les hominiens à partir du moment où certains gestes se révélant propices à la survie, par exemple tailler un silex, ont été reproduits par les autres. L'évolution génétique a certainement favorisé les imitateurs, ceux-ci ayant plus de succès dans le monde et pouvant donc fonder des familles plus prolifiques. Des "gènes de l'imitation" sont donc apparus et se sont répandus. Tout était alors prêt pour que les mèmes prennent naissance. Que signifie en effet l'imitation ? Elle consiste à créer une entité informationnelle (une sorte de recette) qui circule de cerveaux en cerveaux en se modifiant ou s'enrichissant le cas échéant. C'est cette entité qui constitue le mème.
Les premiers mèmes ont été ceux utiles à la survie, reproduisant des comportements inventés par essais et erreurs qui se sont révélés productifs et qui ont été copiés par les voisins de l'inventeur. Plus généralement, la mémétique pose la question de la place de l'originalité et de la copie dans l'innovation. On sait que les grands artistes se sont formés et développés par la copie des grands maîtres qui les ont précédés. La copie et l'imitation sont aujourd'hui entâchées moralement. La mémétique suggère, au contraire, qu'originalité et imitation sont deux processus indispensables: la première pour l'innovation, la seconde pour sa diffusion, c'est à dire pour la création de valeur associée.
Note: ce post est adapté d'un passage de notre livre "Objectif: Innovation".
Posted by Philippe Silberzahn on décembre 19, 2005 at 07:00 AM dans Le livre, Théorie | Permalink | Commentaires (3) | TrackBack
Panne de blog
Notre blog est resté silencieux pendant 24h suite à la panne généralisée de TypePad avec lequel nous le réalisons. A un moment, ils étaient tellement en panne qu'ils affichaient des archives des blogs datant de quelques jours.
Ci-dessous, la réponse embarassée, mais sympa suite à mon mail de protestation:
Philippe,
What can I say except that the day has been more disappointing to us? No apology will do justice to how mortified we feel, nor will it make you believe that this is now behind us. All I can say is that we are working day and night to protect you and our other customers from experiencing this type of problem again.
Au moins, eux, ils répondent quand on leur envoie un mail...
Posted by Philippe Silberzahn on décembre 17, 2005 at 10:01 PM dans Weblogs | Permalink | Commentaires (1) | TrackBack
Haro sur Wikipedia!
Qu'apprend-on cette semaine? Horreur, il paraît qu'il y a de fausses informations dans Wikipedia, l'encyclopédie libre sur le Net. Rappelons que dans Wikipedia, chacun est libre d'ajouter ou de modifier des articles. Enfin était. Ca donne une grande richesse, mais évidemment, la porte est ouverte aux abus. Et bien sûr des abus il y en a. Il y a quelques jours, un article de l'encyclopédie accusait l'un des anciens assistants de Kennedy d'avoir trempé dans son assassinat. Evidemment, l'intéressé (l'assistant, pas Kennedy) a peu apprécié et s'est fendu d'une lettre à un grand journal américain. Depuis, les journalistes du monde officiel se font un plaisir de décrier l'encyclopédie en expliquant que l'absence de contrôle de contenu la décrédibilise complètement. Ainsi, le magazine Time a interdit à ses journalistes de l'utiliser. Car voyez-vous, le journalistes accrédités, eux, ne donnent jamais de fausse information. Leur formation, leur éthique, et surtout le rôle infaillible de leur rédaction fait que le système d'information de la presse est parfait. En outre, la presse officielle ne porte jamais tort aux gens qu'elle cite, elle ne s'empresse jamais d'accuser des gens à tort, de vouer des innocents à la vindicte populaire, et, c'est bien connu, tous les journalistes vérifient scrupuleusement leurs sources. Ils ne bidonnent jamais leur reportage. Deux exemples au hasard: Les innocents d'Outreau peuvent témoigner du rôle exemplaire de la presse dans leur martyre. L'intox du saumon en élevage propagée par TF1 aussi.
Au regard des standards pratiqués par la presse officielle, il n'y a pas de raison que les volontaires du libre n'aient pas, au moins, le droit de se tromper. En tout cas, si le risque d'erreur et de canular est le prix à payer pour un projet aussi passionnant et utile que Wikipedia, alors je paie de suite. Mais rassurons-nous. Une telle liberté ne sera pas tolérée très longtemps. Encore un ou deux scandales montés en épingle, et Wikipedia devra se doter d'un comité éditorial, et une nouvelle aire de liberté aura été supprimée par les bonnes âmes qui nous gouvernent.
Posted by Philippe Silberzahn on décembre 16, 2005 at 07:00 AM dans Actualité | Permalink | Commentaires (5) | TrackBack
28e Carrefour des possibles: demain 15 décembre
Le jeudi 15 décembre prochain,
projetez-vous dans l'avenir de l'internet avec les 10 projets innovants du 28e
Carrefour des Possibles :
de 18h15 à 20h00 (puis cocktail) à la
Cité des sciences et de l'industrie - 30 avenue Corentin-Cariou, Paris 19e
http://www.carrefourdespossibles.org/
Au programme :
- A 18h15, accueil des
participants.
- A 18h30, 10 projets innovants se présentent dans le cadre du 28e Carrefour des Possibles en Ile de France : innovations d'usage, de service, techniques ou organisationnelles, présentées par des entrepreneurs, des artistes, des chercheurs, des associations... Un seul critère : la technologie mise au service de la créativité et des nouveaux usages. Une règle : l'ouverture d'esprit, la volonté de découvrir
- A 20h, rencontres libres ,
autour d'un cocktail, entre les participants et les porteurs de projets.
Le Carrefour se déroule dans le cadre de
la Cité des Sciences et de l'Industrie, réservée exclusivement aux participants
du Carrefour des Possibles. Il est organisé par la FING et rendu possible par
le soutien de la Région Ile-de -France et du Carrefour Numérique de la Cité des
sciences et de l'industrie.
Inscription
gratuite en ligne :
http://www.carrefourdespossibles.org/jsp/fiche_actualite.jsp?STNAV=&RUBNAV=&CODE=1131031373869&LANGUE=0&RH=ESPEME
La liste des projets présentée est confidentielle jusqu'au jour du Carrefour et
distribuée en fin de présentation.
Posted by Philippe Silberzahn on décembre 15, 2005 at 10:39 PM dans Actualité | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack
Congrès de l'Academie de l'entrepreneuriat
Il y avait, les 24 et 25 novembre dernier, le congrès de l'Académie de l'Entrepreneuriat. Pour mémoire, cette noble association, dont je fais partie depuis peu, se donne pour objectif d'encourager l’entrepreneuriat à tous les niveaux du système éducatif et de la formation permanente.
On se rappelle sans doute qu'Alain Fayolle (Professeur à l'EM LYON et Président de l'Académie de
l'Entrepreneuriat) et Emile-Michel Hernandez (Professeur à l'Université
de Reims et Vice-Président de l'Académie de l'Entrepreneuriat) avaient publié une tribune bienvenue dans Les Echos du 29 septembre pour répondre aux tarés qui s'inquiétaient qu'un tel enseignement "faisait entrer le loup du capitalisme dans la bergerie de l'Education Nationale". C'est dire le niveau du débat dans notre beau pays. Si nos étudiants se mettent en tête de créer des entreprises, où va-t-on!!!
Les actes du congrès sont disponibles sur le site de l'Académie. On signalera, pour le regretter, qu'aucune grande institution n'a daigné financer le congrès, malgré les efforts vaillants des organisateurs. La Région Ile de France a indiqué que, non, ça ne l'intéressait pas, et le Ministère de l'Industrie a indiqué que, non, ça ne l'intéressait pas non plus. Il y a des pays où n'importe quelle compétition de business plans organisée par des étudiants est sponsorisée. En France, on sponsorise les jeux olympiques, c'est plus prestigieux.
Posted by Philippe Silberzahn on décembre 14, 2005 at 07:00 AM dans Actualité | Permalink | Commentaires (1) | TrackBack
Cool Bill
Une très intéresante interview de Bill Gates, patron de Microsoft, sur le site VNUnet belge. Une de plus direz-vous. Certes, on n'y apprend pas grand chose de nouveau, mais la modestie du personnage est stupéfiante. Quant on songe qu'il est l'un des hommes les plus riches du monde et qu'il a créé une entreprise qui domine de la tête et des épaules l'industrie informatique, voilà qui devrait servir d'exemple à quelques génies californiens. Et justement, quand on lui demande s'il n'a pas peur de Google, il répond malicieusement "Google? Mais de quel produit parlez-vous: GoogleTalk peut-être?". Et de s'amuser de voir que les mêmes qui pensaient que Microsoft pouvaient tout faire durant la décennie 1985-1995 pensent maintenant la même chose de Google. Des erreurs? Bien sûr qu'il en a commises, mais lui a la chance d'avoir des milliards en banque, alors il a un peu de marge de manoeuvre. Et de remarquer: "Tous les quatre à cinq ans, on nous donne pour mort". On pourra y voir là l'arrogance de celui qui a réussi et qui pense que plus rien ne peut l'atteindre, mais on se tromperait lourdement. Gates semble aussi sur ses gardes qu'il l'a toujours été. S'il estime que l'avantage de Google peut s'évaporer en quelques instants dès lors qu'un meilleur moteur de recherche apparaîtra, il développe son action tous azimuths. Par exemple, s'il réussit à signer avec AOL, Google aura perdu plus de 10% de son chiffre d'affaire, et ça sera mauvais pour le cours de son action. Il marque aussi des points dans la téléphonie mobile, les consoles de jeu, sans parler des PDAs et de la télévision Internet, après chaque fois des débuts difficiles qui ont fait rire ses concurrents.
Il y a cependant une question que j'aurais aimé posé à Gates, en partant d'une remarque simple: toute croissance exige de partir d'une innovation radicale, et la dernière innovation radicale de Microsoft date de 1995, c'était Windows. Depuis, rien que de la continuité. Fort bien executée, mais incrémentale néanmoins. N'estime-t-il pas inquiétant que le couple Windows+Office génère... 140% des bénéfices de son entreprise, c'est à dire que ses autres activités (jeux vidéos, serveurs, Internet) perdent tous de l'argent, et parfois énormément? On pourrait, sur cette base, arguer que Microsoft, en fait, bénéficie d'une formidable intertie due à son monopole de fait sur ce domaine, et qu'il n'a été capable de rien créer depuis. Alors, Microsoft en rentier?
Posted by Philippe Silberzahn on décembre 12, 2005 at 07:00 AM dans Actualité | Permalink | Commentaires (1) | TrackBack
Les Mardis de l'innovation au CNAM, prochaine séance: Expérience 2036, simulation de la vie quotidienne dans une génération
Mardi 13 décembre 2005: Expérience 2036, simulation de la vie quotidienne dans une génération
Une vaste réflexion a été conduite au cours de l'année 2005 sur l'anticipation de la vie quotidienne dans une génération. Ce travail d'anticipation collective à laquelle ont été associés laboratoires, entreprises, ainsi que revues et journaux touchant la population dans toutes ses tranches d'âges (Les Echos, Sciences et Avenir, Phosphore, Okapi, Astrapi) débouche sur des tendances clefs et un parcours qui fera l'objet d'une exposition itinérante à travers la France en 2006.
Présentation des tendances, du scénario et du parcours "Expérience 2036" avec les partenaires du projet.
Lieu des conférences: CNAM Amphi C, 292, Rue St Martin, Paris 3ème - De 18h15 à 21h15
Animés par Marc Giget, les Mardis de l'Innovation ont pour but de diffuser la culture de l'innovation sous toutes ses formes à travers des grandes conférences/débats portant sur les théories et concepts clefs de l'innovation, illustrés de nombreux exemples, la présentation par leurs acteurs des meilleures pratiques d'innovation à travers le monde, l'innovation dans des secteurs en transformation rapide, les grandes périodes d'innovation du passé, et l'innovation dans d'autres pays.
Les Mardis de l'innovation sont suivis par les auditeurs du CNAM
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l'innovation. Ils sont ouverts gratuitement aux cadres dirigeants :
entrepreneurs, directeurs de la R&D et de laboratoires, directeurs
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coordonnées (nom, prénom, fonction, organisme, e-mail, téléphone) sur
innov@cnam.fr.
Les Mardis de l'innovation sont également diffusés sur le programme "Les chemins de la connaissance" de France Culture.
Ils peuvent aussi être reçus en direct ou différé, en diffusion ou en
duplex/multiplex (vidéo et audio) au sein d'universités, écoles ou
entreprises.
Posted by Philippe Silberzahn on décembre 9, 2005 at 07:00 AM dans Actualité, CNAM | Permalink | Commentaires (1) | TrackBack
Innocentive
Développée par le groupe pharmaceutique Eli Lilly, Innocentive est une plate-forme qui permet à des entreprises de soumettre un problème de R&D, et aux chercheurs de gagner des primes en le résolvant. Innocentive annonce 80000 scientifiques inscrits, répartis dans plus de 170 pays. L'essentiel des problèmes posés relève de la chimie et de la biologie, et les primes commencent à $5000 pour aller jusqu'à $50000 et au-delà.
Pour l'anecdocte, une statistique sur le lieu de travail des chercheurs qui ont résolu les 69 premiers problèmes :
- Etats-Unis : 34,
- Allemagne : 10,
- Russie 5,
- Inde : 5,
- Royaume-Uni : 2,
- Pologne : 2,
- Espagne : 2,
- Chine : 1,
- Australie : 1,
- Suisse : 1,
- Moldavie : 1,
- Italie : 1,
- Autriche : 1,
- Israël : 1,
- Suède : 1,
- Canada : 1
J'allais oublier :
- France : 0...
L'url d'Innocentive : www.innocentive.com/
Posted by Bernard Buisson on décembre 6, 2005 at 10:19 PM dans Actualité | Permalink | Commentaires (5) | TrackBack
Séminaire Ressources Technologiques et Innovation de l'Ecole de Paris du Management
La prochaine séance du séminaire Ressources Technologiques et Innovation aura lieu le
MERCREDI 14 DÉCEMBRE 2005 (de 8h45 précises à 10h45)
Le thème de la séance sera : "ANGES ET INVESTISSEURS DANS LA SILICON VALLEY" avec pour intervenants :
- Graham BURNETTE, Associé du fonds SBV Partners (Sigefi, Burnette & Vallée)
- Jacques VALLÉE, Associé du fonds SBV Partners, Membre de la « bande des anges ».
La séance sera en partie en anglais
Brève présentation :
Les investisseurs en capital-risque jouent un rôle essentiel, mais souvent mal compris, dans l’écosystème dans la Silicon Valley. Comment lèvent-ils les fonds qu’ils gèrent ? Comment choisissent-ils leurs investissements Comment valorisent-ils leur participation ? Comment interviennent-ils dans la vie de l’entreprise ? Quelles relations entretiennent-ils avec les intervenants plus en amont (business angels) ou plus en aval (capital développement, banque d’affaires, acheteurs potentiels, bourse) ? Investissant des deux côtés de l’Atlantique, les deux associés-gérants de SBV peuvent mettre en perspective les différences de comportements de leurs interlocuteurs et discuter de la manière de surmonter les handicaps européens.
Scientifique et informaticien, lauréat du Prix Jules Verne pour son premier roman de science-fiction et chroniqueur de la Lettre de Californie au Figaro Entreprises, Jacques Vallée vit en Californie depuis plus de trente ans. Ancien astronome à l’observatoire de Paris et à l’université du Texas, il a été un des directeurs de projet pour la création d’Arpanet, le prototype d’internet, au cours de ses travaux au SRI et à l’Institut pour le Futur. Son dernier livre, Au coeur d’internet, est une étude approfondie sur l’histoire et l’évolution des réseaux informatiques. Graham Burnette, juriste et financier, a notamment été directeur général de HolonTech, une spin-off de NEC.
Attention, l'INSCRIPTION PREALABLE EST OBLIGATOIRE, et LE NOMBRE DE PLACE EST LIMITE.
Pour vous inscrire, envoyez :
- votre nom et prénom,
- votre société,
- votre adresse postale,
- votre adresse mail,
- votre n° de téléphone,
à Coralie Pelieu (pelieu at ensmp.fr) avant le jeudi 8 décembre 2005 20h00.
Posted by Bernard Buisson on décembre 4, 2005 at 09:42 PM dans Actualité | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack
Les Mardis de l'innovation au CNAM, prochaine séance: 3M, la machine à innover
Mardi 6 décembre 2005: 3M, la machine à innover
La société 3M maîtrise 38 technologies de base, qu'elle applique à travers 2000 marques et plus de 50000 produits. Elle est reconnue mondialement pour sa démarche et sa capacité d'innovation permanente, qu'elle définit elle-même comme sa raison d'être. Le modèle d'innovation 3M (Minnesota Mining & Manufacturing), qui associe innovation, performance économique et développement durable a fait école et constitue un modèle de référence. Il s'appuie à la fois sur une forte capacité de recherche fondamentale, une connaissance très fine des métiers et des besoins des clients et une forte implication des ressources humaines.
Voyage au cœur de la machine à innover de 3M.
Avec la participation de Jan Pinkster, VP, Directeur Recherche Développement de 3M France.
Lieu des conférences: CNAM Amphi C, 292, Rue St Martin, Paris 3ème - De 18h15 à 21h15
Animés par Marc Giget, les Mardis de l'Innovation ont pour but de diffuser la culture de l'innovation sous toutes ses formes à travers des grandes conférences/débats portant sur les théories et concepts clefs de l'innovation, illustrés de nombreux exemples, la présentation par leurs acteurs des meilleures pratiques d'innovation à travers le monde, l'innovation dans des secteurs en transformation rapide, les grandes périodes d'innovation du passé, et l'innovation dans d'autres pays.
Les Mardis de l'innovation sont suivis par les auditeurs du CNAM
préparant des formations professionnelles spécialisées en gestion de
l'innovation. Ils sont ouverts gratuitement aux cadres dirigeants :
entrepreneurs, directeurs de la R&D et de laboratoires, directeurs
marketing, responsables de marque et de SBU, investisseurs, chefs de
projets, créateurs, artistes, designers, concepteurs, porteurs de
projets, gestionnaires publics de la recherche et de l'innovation.
Compte
tenu du nombre limité de places disponibles et des mesures de sécurité,
il est indispensable de s'inscrire avant chaque séance en laissant ses
coordonnées (nom, prénom, fonction, organisme, e-mail, téléphone) sur
innov@cnam.fr.
Les Mardis de l'innovation sont également diffusés sur le programme "Les chemins de la connaissance" de France Culture.
Ils peuvent aussi être reçus en direct ou différé, en diffusion ou en
duplex/multiplex (vidéo et audio) au sein d'universités, écoles ou
entreprises.
Posted by Philippe Silberzahn on décembre 2, 2005 at 07:00 AM dans Actualité, CNAM | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack
