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Les Rencontres de Cargèse organisées par l'IMRI (Paris Dauphine-CEA)
L'IMRI (Institut pour le Management de la Recherche et de l'Innovation) a été créé en 1993 à l'initiative de deux Institutions de formation et de recherche dont les compétences sont complémentaires : l'Université Paris - Dauphine, spécialisée dans les différents domaines contribuant au développement des sciences des organisations et l 'INSTN, Institut National des Sciences et Techniques Nucléaires, établissement d'enseignement supérieur rattaché au Commissariat à l'Energie Atomique (CEA), reconnu pour ses formations dans le domaine des hautes technologies. L'IMRI organise du 03 au 06 mai 2006 à l'IESC (Institut d’Etudes Scientifiques de Cargèse, Corse) la 4ème édition de l'école :
Les Rencontres de Cargèse : École d’Eté - Économie, Gestion et Sociologie de l’Innovation
L'originalité des Rencontres de Cargèse repose d’abord sur l'idée d'une approche interdisciplinaire sur le thème de l'innovation : économie, sociologie et gestion, et surtout sur une confrontation entre experts académiques et professionnels des entreprises et des organismes de recherche. Le programme de l'école est construit pour satisfaire ce double objectif en faisant le point sur les acquis récents en matière d'élaboration des connaissances dans le domaine du management de l'innovation et de la R&D à travers "les filtres" de l'économie, de la gestion et de la sociologie, et en les éclairant par des témoignages et analyses de professionnels.
Le programme de cette édition 2006 s'articulera autour de plusieurs temps forts:
- Une séance introductive présentant les fondamentaux de chaque discipline appliqués à la question de l’innovation et de la R&D ;
- Des ateliers sur les thèmes de « l’organisation de l’innovation » (dans les entreprise, au sein des laboratoires, dans les clusters), « la conception innovante », et « le rôle des réseaux dans l’innovation » ;
- Des sessions abordant des cas concrets, qui feront l'objet de restitutions par un binôme chercheur-acteur terrain, et qui susciteront le débat avec les participants: Le développement comme structuration de champs d'innovation : Le cas de la construction durable chez Lafarge ;
- Manager l’innovation, ou comment innover sur un marché qui n’existe pas avec une technologie à haut potentiel ? Le cas de la pile à combustible chez Axane / Air Liquide ;
- Les méthodes de prospective innovantes pour le métro du XXIè siècle à la RATP ;
- Recherche scientifique, recherche technologique: quelles différences, quelles complémentarités ? Le cas du CEA.
Une libre séance par Armand Hatchuel, Directeur Adjoint du Centre de Gestion Scientifique de l’École des Mines de Paris. Une table ronde réunissant les 3 disciplines autour du thème des pôles de compétitivité.
Des représentants (responsables de R&D, chefs de projets, directeurs de l'innovation, ingénieurs) de Bioam, de Bouygues Télécom, du CEA, du CNRS, du CREED / Véolia Environnement, d'EDF, de l'IFP, de l'INRA, de l'Institut Pasteur, de Saint Gobain, de Technopolis France… ont participé aux trois précédentes sessions. La participation des acteurs de l'innovation au débat représente en effet un souci fondateur de cette école. C'est pourquoi le programme inclut l'intervention de grands témoins, praticiens de l'innovation.
Comité scientifique :
- Albert David, Professeur à l’ENS Cachan et à l’École des Mines de Paris, Directeur de M-Lab,
- Michel Poix, Vice-Président de l’Université Paris Dauphine et Directeur de l’IMRI
Comité d’organisation :
- Renelle Guichard, Chercheur à l’IMRI et coordinateur du projet,
- Stéphanie Pitoun, Coordination de la recherche et valorisation à l’IMRI
Plus d'infos sur : http://www.dauphine.fr/imri/rencontres06/accueil.html
Posted by Bernard Buisson on février 28, 2006 at 07:00 AM dans Séminaires | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack
Conférence IAE Lyon: Savoir innover dans le management des projets innovants
"Nouvelles pratiques du secteur pharmaceutique et biomédical". Conférence-débat proposée par les programmes Entrepreneuriat et Management des PMO et Management des Industries Pharmaceutiques et des Technologies Médicales du Master Administration des Affaires.
La remise en cause continuelle des avantages concurrentiels, l'arrivée de nouveaux entrants sur les marchés, la modification brutale des règles du jeu, des clients de plus en plus difficiles à fidéliser, une prise de risque accrue dans le développement de chaque produit, des exigences de rentabilité élevées des actionnaires ...sont autant d'éléments qui exigent que les entreprises des secteurs les plus exposés se réinventent.
L'une des voies envisagées consiste à resituer la démarche entrepreneuriale au cœur de l'entreprise, de promouvoir l'intrapreneuriat et le développement par projets. Si entreprendre est bien une aventure il faut envisager qu'il s'agissent d'une « aventure intérieure ».
La gestion de projet fait partie de longue date de l'arsenal des entreprises, et notamment des plus innovantes ou de celles qui doivent renouveler rapidement leur portefeuille de produits. La nouveauté réside dans l'évolution récente des pratiques dans les projets, qui jouent davantage sur le registre managérial. Les entreprises se développent par leurs projets et pour leurs projets. Il leur faut alors penser ensemble l'éphémère et la permanence, l'individualisme du projet et la solidarité d'entreprise, la consolidation des frontières et l'ouverture à des partenariats multiples, le développement de compétences distinctives et le partage des savoirs.
Pour mettre cette tendance en perspective, l'IAE a sollicité des dirigeants du secteur de la pharmacie et de l'industrie biomédicale. Domaine exposé s'il en est, l'objectif est d'essayer de comprendre à partir de leurs expériences ce qui se joue dans et entre leurs organisations.
Professionnels du secteur, responsables d'organisations porteuses de projet, ou simples clients de ces entreprises, tous sont concernés pour mieux comprendre ces nouvelles logiques d'efficacité.
Le Programme de la Conférence :
Introduction, par Gilles GUYOT
Président du
Réseau National des IAE
Directeur de l'IAE de Lyon
Conférence-débat animée par :
Alain
ASQUIN
Maître de Conférences, IAE Lyon 3
Co-auteur de « Ce que
manager par projet veut dire »
Editions d'organisation, 2005
Avec la
participation de :
Mme Silke BIRLENBACH
Head of
Office of Operational Excellence
Merial SAS
Jean-Luc
BALZER
Délégué Général Adjoint en charge du développement industriel
et des programmes
Canceropôle Lyon, Auvergne, Rhône-Alpes
M.
GUILLOT - CHENE
Directeur associé,
Parteurope
Développement
Accompagnement des sociétés de Biotechnologie et
de
Biopharmacie
IAE de Lyon
Site universitaire de la Manufacture des
Tabacs
Auditorium Malraux
16 rue du Professeur Rollet
69008
Lyon
>> En savoir plus : http://www.univ-lyon3.fr/1136476105623/0/fiche_04__actualite/
Posted by Philippe Silberzahn on février 27, 2006 at 07:00 AM dans Actualité | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack
Conférence de Michel Serres sur la technologie
Une conférence passionnante de Michel Serres à l'Ecole Polytechnique organisée par l'INRIA dans le cadre de la culture Web. Non ne partez pas... Le thème est celui des nouvelles technologies et de ce qu'elles changent. C'est bien connu, lorsque les temps sont incertains (vous me direz, y a-t-il eu une époque où les temps ont été certains? Mais c'est un autre débat), il faut consulter les philosophes - sans bien sûr forcément les écouter.
Serres fait d'abord remarquer que beaucoup de choses que nous pensons nouvelles ne le sont pas: création et transmission rapide d'information sont vieilles comme le monde. Hannibal en Italie était informé presqu'en temps réel par sa base tunisienne, César se plaignait que les gaulois connaissaient ses informations avant qu'elles n'arrivent à Rome. Mais ce qui est nouveau avec le net c'est la dissociation entre l'adresse logique et l'adresse physique. Il y a création d'un nouvel espace dont le droit est à inventer. Selon lui, toute technologie est une extension de l'homme, une sorte de sous-traitance de ses capacités à l'outil. L'internet permet de sous-traiter ses capacités cognitives, comme le livre avait permis à nos ancêtres de sous-traiter la mémoire. Libéré du besoin de tout apprendre par coeur, ils avaient démultiplié leurs capacité cognitives, et Serres y voit là un facteur fondamental de l'explosion de la science moderne à cette époque.
Faut-il avoir peur de l'importance de la technologie? Serres se veut optimiste: chaque nouveauté est accueillie avec crainte et il raconte avec malice que l'arrivée des animaux d'élevage il y a plusieurs milliers d'années avait entraîné des épidémies très graves. Aujourd'hui, le principe de précaution interdirait cette innovation dangereuse. Selon lui, la technologie libère l'homme et il ne voit aucun déterminisme ni aucune soumission. La conférence se termine sur une belle anecdote où il raconte qu'étant marin dans sa jeunesse, il correspondait avec sa petite amie par lettre, ce qui évidemment n'était pas très pratique, ne pouvant envoyer ou recevoir que dans chaque nouveau port. Aujourd'hui, un coup de téléphone ou un email rendent l'amour distant possible. Si ça, ce n'est pas un résultat merveilleux de la technologie...
La page de la conférence: ici.
Posted by Philippe Silberzahn on février 22, 2006 at 07:00 AM dans Théorie | Permalink | Commentaires (7) | TrackBack
"Mittal ou le business model du capitalisme émergent"
Signalé par le Figaro du lundi 20 février, on peut lire sur le site telos-eu.com, un excellent article sur le modèle Mittal Steel, mis en ligne le 15 février dernier. Ecrit par Joël Ruet, chercheur à la London School of Economics et chercheur associé à l’Ecole des Mines de Paris, l'article décortique les secrets du modèle Mittal, ce "mélange de capitalisme issu des pays post-soviétiques et des pays émergents ... d'inspiration socialistes" qui vient ironiquement effrayer le modèle capitaliste occidental. Pour l'auteur on aurait tort d'interpréter l'irruption de Mittal dans la cour des multinationales prédatrices comme le triomphe de la seule logique de compression des coûts, sans valeur ajoutée ni innovation. Le modèle est plus complexe, et Mittal Steel annonce d'autres champions issus de pays émergents, dans des secteurs beaucoup moins traditionnels que la sidérurgie ; pharmacie, informatique, biotechnologies... Bref, ceux qui penseraient encore que l'OPA de Mittal Steel sur Arcelor est un hoquet passager de la mondialisation ne sont pas au bout de leurs surprises.
L'article de Joël Ruet : www.telos-eu.com/2006/02/mittal_ou_le_business_model_du.php
Posted by Bernard Buisson on février 21, 2006 at 07:00 AM dans Macro-économie | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack
La convergence, c'est le code
La convergence c'est le code. Sous ce titre un peu bizarre se cache une analyse assez fine de Pierre Bellanger, patron de Skyrock. Alors qu'on parle sans arrêt de convergence, on met derrière ce mot un peu tout ce qu'on veut. Convergence des formats, convergence des technologies, etc. Bellanger estime lui que la vraie convergence, c'est le code, c'est à dire le logiciel qui permet à tous ces formats de s'unifier, et notamment l'interface utilisateur. J'avais trouvé son texte un peu banal à la première lecture, mais c'était une erreur. Comprendre l'importance du logiciel n'est pas banal. Celui-ci est souvent sous-estimé, et je peux penser à deux industries qui sont peuplées de gens qui n'ont pas pris la mesure de son importance. Les médias bien sûr, et là Bellanger s'en donne à coeur joie, et les télécoms, sujet que je connais un peu mieux. Depuis des années, les opérateurs veulent définir l'interface utilisateur des téléphones en produisant des specs toujours plus complexes et sophistiquées, qui doivent être implémentées tant bien que mal par les fabricants. Si les opérateurs avaient compris l'importance du code dans leur métier, il auraient déployés leurs téléphones beaucoup plus rapidement. Bellanger fait malicieusement remarquer qu'il y a un acteur qui, lui, a compris l'importance du code, et c'est naturellement Microsoft.
A lire ici: Bellanger, la convergence c'est le code.
J'inaugure avec ce billet la catégorie "Merci Jérôme" pour les billets sur des sujets suggérés par mon ami Jérôme, véritable tête chercheuse de l'Internet. Ca me simplifiera les références à ses suggestions...
Posted by Philippe Silberzahn on février 20, 2006 at 07:00 AM dans Merci Jerome, Théorie | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack
Nokia sur le point de lancer un téléphone mixte Wi-Fi et réseau mobile
Annoncé dans les Echos du mardi 14 février, Nokia va commercialiser au printemps prochain un téléphone qui sera capable de basculer sur le Wi-Fi dans les zones couvertes. Jorma Ollila a déclaré lundi que "la voix sur IP devient aujourd'hui mobile. Nous sommes à un point de transition". Le premier mobile Wi-Fi de Nokia devrait être vendu 275 Euros. Orange devrait être le premier opérateur à la commercialiser ; il permettra à ses clients de se connecter chez eux grâce à une Livebox Wi-Fi.
L'article complet ("Nokia joue la convergence entre le mobile et le Wi-Fi") peut-être lu sur le site des Echos (moyennant 2 Euros).
Pour en savoir plus sur le Nokia 6136 : http://europe.nokia.com/nokia/0,,85001,00.html
Posted by Bernard Buisson on février 14, 2006 at 11:26 PM dans Actualité | Permalink | Commentaires (1) | TrackBack
Les Mardis de l'innovation au CNAM, prochaine séance: La gestion du processus d’innovation dans l’entreprise
Les étapes du processus d’innovation dans l’entreprise : des idées originales à la mise sur le marché d’un nouveau produit ou service. Les approches de réduction des délais de R&D. Le pilotage du processus. Le rôle et la coopération des différentes fonctions de l’entreprise dans la gestion du processus d’innovation. Etapes de go / no go, évaluations des projets. Les démarches innovation totale / innovation globale. La séparation des processus d’innovation de continuité et d’innovation radicale.
Intervenant : Marc Giget, professeur titulaire, Chaire d’économie et gestion de la technologie et de l’innovation du CNAM.
Lieu des conférences: CNAM Amphi C, 292, Rue St Martin, Paris 3ème - De 18h15 à 21h15
Animés par Marc Giget, les Mardis de l'Innovation ont pour but de diffuser la culture de l'innovation sous toutes ses formes à travers des grandes conférences/débats portant sur les théories et concepts clefs de l'innovation, illustrés de nombreux exemples, la présentation par leurs acteurs des meilleures pratiques d'innovation à travers le monde, l'innovation dans des secteurs en transformation rapide, les grandes périodes d'innovation du passé, et l'innovation dans d'autres pays.
Les Mardis de l'innovation sont suivis par les auditeurs du CNAM préparant des formations professionnelles spécialisées en gestion de l'innovation. Ils sont ouverts gratuitement aux cadres dirigeants : entrepreneurs, directeurs de la R&D et de laboratoires, directeurs marketing, responsables de marque et de SBU, investisseurs, chefs de projets, créateurs, artistes, designers, concepteurs, porteurs de projets, gestionnaires publics de la recherche et de l'innovation.
Compte tenu du nombre limité de places disponibles et des mesures de sécurité, il est indispensable de s'inscrire avant chaque séance en laissant ses coordonnées (nom, prénom, fonction, organisme, e-mail, téléphone) sur innov@cnam.fr.
Les Mardis de l'innovation sont également diffusés sur le programme "Les chemins de la connaissance" de France Culture. Ils peuvent aussi être reçus en direct ou différé, en diffusion ou en duplex/multiplex (vidéo et audio) au sein d'universités, écoles ou entreprises.
Posted by Philippe Silberzahn on février 14, 2006 at 12:21 PM dans CNAM, Séminaires | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack
"Inside the Google empire"
Si vous voulez en savoir plus sur Google, la société qui vaut $100 milliards, la société qui est passée l'année dernière de 3000 à 6000 employés, vous pouvez acheter le n° de Time magazine daté du 20 février 2006, avec Sergey Brin, Larry Page et Eric Schmidt en couverture. Dans un long reportage de neuf pages, vous revivrez le chemin qu'a emprunté cette ex start-up depuis le projet académique de Page à Stanford (1996), puis son installation dans un garage de Menlo Park (1998). Celle aussi qui a inspiré au magazine Wired des couvertures aussi différentes que "Googlemania" (2005) ou "Googlephobia" (2006).
L'interview de Page, Brin et Schmidt est en accès libre sur le site de Time : www.time.com/time/magazine/article/0,9171,1158956,00.html, mais pas les autres articles qui ne sont accessibles qu'aux abonnés.
Posted by Bernard Buisson on février 13, 2006 at 06:50 PM dans Revues d'articles | Permalink | Commentaires (1) | TrackBack
Une société espagnole bientôt à la tête du premier réseau wi-fi mondial ?
C'est ce qui devrait se passer si les plans de développement de la société madrilène Fon.com se déroulent comme prévu. Et les investisseurs qui ont accepté hier de participer au premier tour de table de Fon ont la bonne pointure pour crédibiliser un tel scénario : rien de moins que Google et Skype (aujourd'hui propriété d'e-bay), associés pour l'occasion à deux fonds mythiques du capital-risque : le californien Sequoia Capital et le fonds suisse Index Ventures (qui avait financé Skype à ses débuts). Fon démarre très fort sa vie de start-up : outre l'identité des investisseurs, le montant investi, 18 millions d'Euros, est exceptionnel pour une société agée de ... trois mois !
Mais le fondateur à l'origine de Fon.com n'est pas un inconnu ; l'argentin Martin Varsavsky est un serial entrepreneur depuis le début des années 80. Il avait notamment fondé Jazztel en 1997, qui était devenu le deuxième opérateur espagnol coté.
Fon.com veut créer en un an le premier réseau wi-fi mondial en proposant aux internautes équipés d'une connection wi-fi de la partager au profit des autres "foneros" après avoir téléchargé le logiciel développé par Fon. L'avantage pour les foneros ; ils bénéficient des accès wi-fi ouverts par les autres participants du réseau.
L'objectif de Fon : un million de hot-spots d'ici 2010. Au passage, si vous pensez toujours que le mobile wi-fi est une vue de l'esprit, la présence de Skype parmi les investisseurs devrait vous faire réfléchir.
A lire également, l'interview de Martin Varsavsky dans le journal du net le 25 janvier dernier : www.journaldunet.com/itws/it_varsavsky.shtml
Posted by Bernard Buisson on février 7, 2006 at 07:00 AM dans Actualité | Permalink | Commentaires (1) | TrackBack
"Le téléphone qui fait aussi photo numérique, un fiasco garanti!"
En relisant les actes d'une conférence sur l'innovation qui s'est tenue en 2002, je suis tombé sur les propos suivants d'un intervenant: "Voici quatre exemples de succès incontestables: le minitel, l'internet, le téléphone portable et la photo numérique. Mais on va tenter d'en faire un peu plus en ajoutant des gadgets, en augmentant les performances, en croisant les fonctionnalités (par exemple un téléphone portable qui fait aussi de la photo numérique); c'est un fiasco à peu près garanti". Et là je m'arrête. Un téléphone appareil photo, fiasco garanti?
Hum... il est évident facile d'où nous sommes et là où il était, de nous moquer de notre ami si sûr de lui. Au delà du côté amusant, cet exemple souligne la difficulté qu'il y a à prévoir le succès d'une innovation. La téléphonie mobile est un bon exemple de mini-ruptures qui ont bouleversé les acteurs en place: l'apparition de l'appareil photo, qui s'est développée comme une traînée de poudre: soudainement, tout le monde voulait un appareil photo sur son portable, la killer app des années 2003-2004; idem pour le format clapet (clamshell) dont la popularité soudaine a coûté si cher à Nokia.
Au fait, quel était l'argument de notre estimé futurologue? Selon-lui, "Ce n'est pas l'innovation qu'on achète, mais le service. Si l'innovation n'apporte pas un saut indiscutable dans le service rendu, elle a peu de chance de rencontrer un vrai succès". Là j'ai du mal à suivre: le futile se vend, et s'est toujours vendu. Ce que le client achète, c'est la valeur, pas le service, et la valeur est une notion subjective. Un MMS en couleur a une valeur très faible pour moi, mais peu en avoir une très forte pour un ado de 15 ans. un chercheur me racontait récemment la mésaventure de ce grand groupe de télécom qui avait failli perdre un énorme marché en Chine parce que ses centraux téléphoniques n'étaient pas capables de jouer une musique d'attente particulière. Pensez-donc: des dizaines de millions d'euros suspendus à une sonnerie!
C'est donc une erreur classique que de juger du potentiel d'une innovation selon ses propres critères, au lieu de le juger selon ceux de la "cible". C'est ainsi que régulièrement, les innovations sont sur-, ou sous-évaluées. Bon, maintenant que vous êtes prévenus, vous pouvez répondre: la télé sur mobile, fiasco garanti ou killer app?
Posted by Philippe Silberzahn on février 6, 2006 at 07:00 AM dans Cas d'école | Permalink | Commentaires (1) | TrackBack
"L'Europe et le Japon à l'assaut du moteur de recherche du futur"
A lire dans les Echos Innovation du mercredi 1er février, une série d'articles sur les tentatives engagées pour construire l'après-google. Le Japon a créé, sous l'impulsion du Miti, un groupe de travail entreprises-universités. L'Europe a maintenant Quaero, marque presque grand public depuis que Jacques Chirac l'a citée lors de ses voeux à la presse.
Oublions quelques instants les effets d'annonce ; au verso de l'article principal des Echos, il serait dommage de passer à côté de l'interview de John Battelle, co-fondateur de magazines comme Wired et The Industry Standard, qui a écrit l'année dernière "The Search: how Google and its rivals rewrote the rules of business and transformed our culture". Bien sur John Battelle reconnait qu' "il y a toujours de la place pour une innovation qui change le marché", et que cela vaut aussi pour les moteurs de recherche (c'est ce que Google a fait à la fin des années 90 avec la technologie PageRank). Par contre, on sent bien que Quaero a du chemin à faire avant d'inquiéter Google et Yahoo! John Battelle est direct : "J'estime qu'une telle initiative est ridicule dans un contexte d'économie de marché. Je vous laisse imaginer comment les gens réagiraient si le gouvernement américain s'avisait de créer son propre moteur de recherche pour protéger sa culture. Mais parce que c'est la France et l'Allemagne, on trouve cela bien." Et d'ajouter un peu plus loin : "Les meilleurs spécialistes de la recherche travaillent chez IBM, Google, Yahoo! et Microsoft, pas chez Thomson et Deutsche Telekom".
Le débat ne fait que commencer...
Les articles des Echos Innovation peuvent être consultés sur internet (moyennant 2 Euros) : www.lesechos.fr
Le livre de John Battelle : http://www.amazon.com/gp/product/1591840880/qid=1138830644/sr=1-1/ref=sr_1_1/104-9818891-9468715?s=books&v=glance&n=283155
Posted by Bernard Buisson on février 1, 2006 at 11:02 PM dans Revues d'articles | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack
