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Salon européen de la recherche et de l'innovation 2006

Le 2e salon Européen de la recherche et de l'innovation se tiendra du 8 au 11 juin au parc des expositions à la porte de Versailles et combinera exposants et conférences. Outre les conférences sur des thèmes proprement scientifiques ou technologique (développement durable ou avenir de l'Internet mobile), quelques conférence sur l'innovation semblent prometteuses. On mentionnera notamment:

  • Développer une recherche et innovation citoyennes : les fondations, un instrument d'avenir
  • Innovation et propriété intellectuelle : source de richesse pour l’entreprise
  • L’innovation vue par Siemens
  • Public - Privé : un ticket gagnant pour la Recherche et l’Innovation
  • Chômage des docteurs et fuite des cerveaux : l’exception française
  • Le recrutement des jeunes docteurs, un atout pour les entreprises
  • Les infrastructures et les réseaux de la recherche en Europe
  • L'Europe et la Recherche : enjeux et défis

Posted by Philippe Silberzahn on mai 31, 2006 at 07:00 AM dans Séminaires | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack

Ruptures dans le monde de la musique classique

C'est toujours avec grand intérêt que nous essayons d'identifier des secteurs autres que la technologie où se profilent des ruptures. La conférence indiquée ci-dessous suggère que le monde musical classique français est resté figé dans des schémas anciens, et que de jeunes talents tentent de contourner ce système. Les théories habituelles de l'innovation peuvent ainsi s'appliquer à bien d'autres domaines...

Les jeunes instrumentistes français sont essentiellement formés pour être des solistes dans un répertoire et des traditions d'interprétation figés depuis la fin du XIXe siècle. Le décalage entre cet enseignement et la réalité du marché musical actuel est tel que, munie d'un bagage aussi sommaire, la jeune "bête à concours" française se retrouvera vite sans emploi. Berlin, La Haye, Amsterdam, Cologne, Bâle possèdent des instituts supérieurs où l'on peut accomplir un cursus musical complet, conforme aux besoins du monde musical d'aujourd'hui. Renaud Capuçon, violoniste moderne de premier plan, et Julien Chauvin, violoniste baroque de grande culture, ont connu à Berlin et à La Haye, des exils salutaires où se révélèrent leurs vraies identités musicales. C'est de leur expérience et de leur réflexion que naquit le Festival de Deauville en 1997 où deux générations de jeunes instrumentistes indécis ou égarés apprirent à être des musiciens parmi les autres, mais créatifs et exigeants. Une dizaine d'entre eux sont devenus des figures de proue de leur génération musicale.

Conférence organisée par l'Ecole de Paris le 13 juin à 8h45. Plus de détails sur le séminaire: http://www.ecole.org.

Posted by Philippe Silberzahn on mai 29, 2006 at 07:00 AM dans Séminaires | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack

Les Mardis de l'innovation au CNAM

Mardi 30 mai: Deux précurseurs des moyens de transport électriques du futur : La Venturi Fetish et le Segway

Les véhicules terrestres font l’objet de nombreuses recherches, notamment dans le domaine de la propulsion électrique et de la gestion intelligente en temps réel du véhicule. Présentation de deux produits révolutionnaires, utilisant une combinaison des technologies les plus sophistiquées. Très haut de gamme, mais déjà produits en série, ils sont des précurseurs des moyens de transport de demain.
Venturi : 20 ans après la création en France de la marque par Claude Poiraud et Gérard Godfroy, Venturi est la première marque automobile à fabriquer une véritable voiture de sport électrique de série, utilisant les meilleures technologies disponibles, quel qu'en soit le prix : la Fétish.
Segway : Inventé par l’américain Dean Kamen, le Segway Human Transporter est le premier moyen de transport individuel électrique fondé sur le principe de l'équilibre dynamique. Son système, intégrant des gyroscopes et des capteurs très sophistiqués, rend son utilisation totalement instinctive.

Intervenants : Gildo Pallanca Pastor, ancien pilote, entrepreneur spécialisé dans le financement d'entreprises innovantes, propriétaire de la marque Venturi, François Coenen, directeur commercial, Segway France.

Lieu des conférences: CNAM Amphi C, 292, Rue St Martin, Paris 3ème - De 18h15 à 21h15

Animés par Marc Giget, les Mardis de l'Innovation ont pour but de diffuser la culture de l'innovation sous toutes ses formes à travers des grandes conférences/débats portant sur les théories et concepts clefs de l'innovation, illustrés de nombreux exemples, la présentation par leurs acteurs des meilleures pratiques d'innovation à travers le monde, l'innovation dans des secteurs en transformation rapide, les grandes périodes d'innovation du passé, et l'innovation dans d'autres pays.

Les Mardis de l'innovation sont suivis par les auditeurs du CNAM préparant des formations professionnelles spécialisées en gestion de l'innovation. Ils sont ouverts gratuitement aux cadres dirigeants : entrepreneurs, directeurs de la R&D et de laboratoires, directeurs marketing, responsables de marque et de SBU, investisseurs, chefs  de projets, créateurs, artistes, designers, concepteurs, porteurs de projets, gestionnaires publics de la recherche et de l'innovation.
Compte tenu du nombre limité de places disponibles et des mesures de sécurité, il est indispensable de s'inscrire avant chaque séance en laissant ses coordonnées (nom, prénom, fonction, organisme, e-mail, téléphone) sur innov@cnam.fr.
Les Mardis de l'innovation sont également diffusés sur le programme "Les chemins de la connaissance" de France Culture. Ils peuvent aussi être reçus en direct ou différé, en diffusion ou en duplex/multiplex (vidéo et audio) au sein d'universités, écoles ou entreprises.

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Posted by Philippe Silberzahn on mai 26, 2006 at 07:00 AM dans CNAM, Séminaires | Permalink | Commentaires (2) | TrackBack

Strategic management of technology and innovation

Ca faisait longtemps qu'on n'avait pas parlé de Robert Burgelman sur ce blog. Un petit retour donc pour évoquer "Strategic management of technology and innovation", un livre monumental - 1000 pages! - dont il est l'auteur avec Modesto Maidique, Clayton Christensen, et Steven Weelwright pour la 3e édition. Tous trois sont des experts reconnus en matière de recherche sur la technologie et d'innovation. Il s'agit en fait d'un manuel complet sur le sujet, plutôt destiné aux enseignants. En susbtance, si vous devez faire un cours sur le sujet et si vous ne pouvez acheter qu'un seul livre, prenez celui-ci. Naturellement, il sera utile aussi aux autres, notamment les praticiens. Tout au long des chapitres, le livre alterne présentations théoriques et cas concrets, très nombreux. Toutes les grandes théories du domaine sont naturellement expliquées du point de vue du manager: vision évolutionniste, gestion de la technologie, compétences-clés, chasm de G. Moore, innovation de Christensen, développement de nouveaux produits, etc. Les différents niveaux et comment ils interagissent sont également bien décrits.
Malgré sa taille (et son poids), l'ensemble est très lisible - à condition toutefois de partir avec une certaine connaissance du domaine, sinon on risque d'être vite noyé sous les concepts qu'on ne connaît pas forcément. Il ne s'agit donc pas d'un livre d'initiation au domaine.

Posted by Philippe Silberzahn on mai 24, 2006 at 07:00 AM dans Revues de livres | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack

Quo vadis Quaero?

On lira avec intérêt l'analyse faite par Loic Le Meur du projet Quaero qui vient de récolter rien moins que 90 patates de l'Etat pour développer, semble-t-il, un moteur de recherche. Ou 260 patates, personne ne sait vraiment. Loïc donne dix raisons, qui toutes me semblent justes, pour lesquels selon lui le projet va échouer. Nous avons dit sur ce blog tout le mal que nous pensons de l'Agence pour l'Innovation Industrielle, qui nous semble viciée tant sur le fond, par l'idéologie qui la sous-tend, que sur la forme, par la manière dont elle fonctionne, et l'analyse de Loïc ne nous fait guère changer d'avis. On lira également l'analyse de Daniel Kaplan, de la FING, qui rejoint lui aussi Loïc, en soulignant surtout les véritables risques de l'approche fermée et secrète du projet.

On nous reprochera naturellement, comme on l'a reproché à Loïc, de faire du mauvais esprit, d'être négatif... voir jaloux. N'est-ce pas en effet satisfaisant qu'un effort industriel français soit encouragé par l'Etat? Et moi et moi et moi... Bien sûr il faut se réjouir quand un projet innovant est soutenu par l'Etat. Mais parce qu'il s'agit de fonds publics, on a le droit de se demander pour quoi, sur quels critères et dans quelles conditions ces fonds ont été attribués. On a aussi le droit de faire connaître ses doutes quand à la pertinence de tels investissements, a fortiori lorsque la démarche est entourée d'un tel secret. En outre, il ne faut jamais oublier que l'argent investi dans un endroit ne l'est nécessairement pas dans un autre. La question devient alors "Quitte à dépenser 90 patates, n'aurait-il pas été plus souhaitable de les dépenser ailleurs?" Et là, bien sûr, la réponse est évidemment oui. A côté du grand théâtre de l'AII se débattent des dizaines d'entreprises qui ne parviennent pas à trouver des fonds pour démarrer ou se développer en raison de l'indigence du système financier français; les crédits des diverses agence de développement (aide au commerce extérieur par exemple) sont asséchés, comme me le confiait il y a quelques jours un responsable du ministère. Il n'y a plus d'argent, car l'argent est employé pour des projets médiatiques comme ceux de l'AII. On aurait aimé que le débat sur le problème de l'innovation français, au lieu de se conclure avant même d'avoir commencé par une solution technocratique absurde soit l'occasion de se poser les vraies questions, celle notamment de l'émergence d'un véritable écosystème de l'innovation et de l'entrepreneuriat. Mais ce sera visiblement pour une autre fois...

Posted by Philippe Silberzahn on mai 22, 2006 at 07:00 AM dans Actualité | Permalink | Commentaires (3) | TrackBack

Ségolène, le Maréchal et Venise

Même avec la présidentielle qui s'annonce, qu'on ne s'attende pas à ce que ce blog prenne des positions politiques, et encore moins qu'il recommande de voter pour un tel ou un tel (au nom de quoi d'ailleurs le ferait-il). Ce n'est pas une raison pour s'interdire de commenter ça et là les déclarations ou projets ayant un rapport avec l'innovation et l'entrepreneuriat. Vu comment les choses se présentent, hélas, il semble que ces sujets ne seront pas vraiment dominants dans la campagne, nous n'avons donc pas constitué d'équipe spéciale en la matière.
Prenons quand même quelques instants pour réagir aux déclarations de la star du moment, Ségolène Royal. Selon elle, il faut rétablir les valeurs du travail, de la famille et de la patrie. Rien de moins. On peut défendre chacune de ces valeurs séparément, mais mises ensemble, elle rappellent évidemment de sombres choses, et il est regrettable qu'à l'heure où notre pays a du mal à faire face à son avenir, le néo-pétainisme lui soit présenté comme perspective, et par une femme de gauche, qui plus est. C'est d'autant plus inquiétant que les positions - symptomatiques - de Mme Royal en matière d'OGM sont connues: elle n'en veut pas - sans doute parce que la terre, elle, ne ment pas. Il y a un siècle, elle aurait sans doute été contre l'automobile car ça faisait avorter les femmes, et il y a quelques centaines de milliers d'années, elle aurait contre le feu, car c'est dangereux (ça peut tuer des gens voyez-vous). Est-il normal que l'avenir inquiète à ce point nos concitoyens que nos élites politiques cherchent désespérément des "valeurs" rurales pour les protéger? Un retour à la terre, à la tradition?

Dominique Moïsi racontait récemment dans un article des Echos la réflexion que lui avait faire un éminent homme d'affaires asiatique: "Vous, l'Europe, vous vous transformez peu à peu en pays du tiers-monde. Non seulement vous posez les mauvaises questions - Constitution européenne, Etat-providence, retraites - mais vous y apportez systématiquement les mauvaises réponses." A quoi Moïsi ajoutait "si les performances de l'Europe devaient continuer à se dégrader, les Asiatiques y verraient-ils encore un modèle ? Le Vieux Continent deviendrait alors, dans le meilleur des cas, un « conservatoire de la démocratie », si ce n'est, tout simplement, une sorte de Venise moderne, c'est-à-dire un lieu à visiter avec nostalgie pour son glorieux passé et présentant quelques ressemblances avec un musée."
A Pétain qui disait aux Français, le coeur serré, qu'il fallait cesser le combat, de Gaulle répondait que la France n'avait pas perdu la guerre et qu'il fallait continuer à se battre. C'est ce message-là que nous aimerions entendre, un message d'optimisme - la France ne va pas si mal que ça, tourné vers l'avenir et à la portée pratique - la solution réside en chacun de nous, que peut-on faire pour faire avançer les choses.

Posted by Philippe Silberzahn on mai 19, 2006 at 07:00 AM dans Opinion | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack

Les Mardis de l'innovation au CNAM

Mardi 23 mai: Variations sur l’innovation dans le domaine de la mode et de la création

L’innovation se différencie de la mode par son caractère irréversible (on ne revient pas à la marine à voile, à la machine à vapeur ou à l’analogique, alors que l’on revient au bleu, au coton ou aux jupes courtes). Pour autant, le phénomène cyclique de mode, de vague, de vogue et de tendances est en forte résonance avec le phénomène d’innovation qu’il peut limiter ou au contraire considérablement amplifier, notamment en période de synthèse créative. Dans sa définition sectorielle, la mode recouvre un vaste ensemble couvrant le vêtement, les accessoires, l’environnement de la personne et la création, en équilibre délicat entre tradition et innovation.

Intervenants : Satoru Nino, PDG ESMOD International (première école de mode dans le monde, présente dans 18 pays), Marc Giget, professeur titulaire, Chaire d’économie et gestion de la technologie et de l’innovation du CNAM.

Lieu des conférences: CNAM Amphi C, 292, Rue St Martin, Paris 3ème - De 18h15 à 21h15

Animés par Marc Giget, les Mardis de l'Innovation ont pour but de diffuser la culture de l'innovation sous toutes ses formes à travers des grandes conférences/débats portant sur les théories et concepts clefs de l'innovation, illustrés de nombreux exemples, la présentation par leurs acteurs des meilleures pratiques d'innovation à travers le monde, l'innovation dans des secteurs en transformation rapide, les grandes périodes d'innovation du passé, et l'innovation dans d'autres pays.

Les Mardis de l'innovation sont suivis par les auditeurs du CNAM préparant des formations professionnelles spécialisées en gestion de l'innovation. Ils sont ouverts gratuitement aux cadres dirigeants : entrepreneurs, directeurs de la R&D et de laboratoires, directeurs marketing, responsables de marque et de SBU, investisseurs, chefs  de projets, créateurs, artistes, designers, concepteurs, porteurs de projets, gestionnaires publics de la recherche et de l'innovation.
Compte tenu du nombre limité de places disponibles et des mesures de sécurité, il est indispensable de s'inscrire avant chaque séance en laissant ses coordonnées (nom, prénom, fonction, organisme, e-mail, téléphone) sur innov@cnam.fr.
Les Mardis de l'innovation sont également diffusés sur le programme "Les chemins de la connaissance" de France Culture. Ils peuvent aussi être reçus en direct ou différé, en diffusion ou en duplex/multiplex (vidéo et audio) au sein d'universités, écoles ou entreprises.

Posted by Philippe Silberzahn on mai 17, 2006 at 07:00 AM dans CNAM, Séminaires | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack

Mesures de soutien aux entreprises en forte croissance

Le premier ministre a annoncé que les entreprises en forte croissance allaient bénéficier de coups de pouce fiscaux. L'idée part d'un constat simple: les "gazelles" françaises ont du mal à soutenir un rythme de croissance élevé. Sur 2 000 entreprises de moins de 250 salariés dont le chiffre d'affaires a augmenté de plus 33 % deux années de suite, "à peine une centaine parviennent à tenir ce rythme" les deux années suivantes.
Ne boudons pas notre plaisir: toute mesure qui peut aider les entreprises, en particulier les petites, est bonne à prendre et cette annonce constitue une bonne nouvelle. Le problème, c'est qu'il s'agit d'une déclaration, et qu'entre la déclaration largement reprise par la presse et la réalité sur le terrain, il y aura sûrement un monde. D'une part parce que rien n'est encore voté et d'autre part parce que la médiocrité de mise en oeuvre de telles mesures est une spécialité bien française. Nous nous sommes ainsi déjà fait l'écho plusieurs fois ici des délais insupportables de paiement des subventions annoncées à grand renfort de publicité. Encore récemment, une jeune startup qui avait bénéficié d'une aide à l'exportation et avait remis sa demande de versement début janvier n'était toujours pas payée à ce jour en raison d'un blocage inexpliqué au ministère. Très explicable en fait: il n'y a plus d'argent, donc on freine des quatre fers.
Selon mon ami Franck, il faut donc que nous apprenions à parler un nouveau langage et être capable de traduire de telles annonces du français politico-médiatique au français normal que parlent des gens comme vous et moi.
Ainsi donc, quand le premier ministre dit:

...leur permettra de bénéficier pendant au moins deux ans d'un soutien particulier avec un objectif : neutraliser les surcoûts liés à la croissance (...)

cela signifie:

...permettra à l'Etat de pousser ces entreprises à prendre des engagements en pensant pouvoir bénéficier d'un soutien pour lequel leur non-éligibilité ne leur sera signifiée que longtemps après, l'ensemble des dispositions d'application étant déterminé a posteriori.

Vu comme ça, aucune chance d'être déçu.

Posted by Philippe Silberzahn on mai 15, 2006 at 09:27 AM dans Actualité | Permalink | Commentaires (1) | TrackBack

L'alcool oui, le peer-to-peer non

Nous sommes un drôle de pays. Un pays dans lequel les députés viennent de voter une loi qui sanctionne les développeurs de logiciels peer-to-peer. Car voyez-vous, si les gens utilisent ces logiciels, eh bien ils peuvent échanger des fichiers soumis à copyright et faire ainsi du mal aux éditeurs de musique. Ce qui n'est pas bien. Pour éviter cela, les députés ont donc interdit le peer-to-peer, et introduit une clause qui pénalise les développeurs de tels logiciels. Suivez-bien la logique: si vous produisez quelque chose qui peut être utilisé pour commettre un délit, vous êtes responsable et pouvez donc être poursuivi. Dans un pays qui subventionne les producteurs d'alcool depuis la nuit des temps, on se pince.
J'attends donc maintenant l'inculpation
- des fabricants de toutes armes blanches et à feu, couteaux de cuisine, etc.
- de tout producteur et vendeur d'alcool et de tabac,
- des fabricants d'automobile,
- des fabricants de tout objet, quelqu'il soit, qui aura été utilisé pour commettre un délit: ciseaux, briquets, vélos, lunettes, pots de yaourt (j'imagine), etc.
Le parlement s'était ridiculisé en votant le CPE sur ordre, puis en votant l'abolition du CPE, sur ordre également, mais cela ne leur a pas suffi. A quand l'interdiction du soleil qui fait de la concurrence à EDF? On s'attend à ce que le Sénat mette bon ordre à cela - on aura vraiment tout vu...

Posted by Philippe Silberzahn on mai 9, 2006 at 07:00 AM dans Opinion | Permalink | Commentaires (1) | TrackBack

Conference Robert Burgelman à Paris le 2 mai dernier

Robert Burgelman était de passage à Paris mardi 2 mai et a bien voulu donner une conférence au Centre de Recherche en Gestion de Polytechnique mardi soir (merci Thierry). Pour ceux qui ne le connaissent pas, Burgelman est professeur à Stanford et spécialiste en stratégie d'entreprise technologique. D'origine belge, il parle assez bien français mais a préféré faire sa conférence en anglais. En particulier, il travaille depuis près de vingt ans maintenant avec Andy Grove, ancien PDG de Intel. Cette amitié lui a permis d'avoir un accès sans précédent à l'entreprise, en temps réel. Cela a donné plusieurs articles très importants dont un, "Fading memories", qui démontre de manière fascinante comment la sortie de Intel du marché des mémoires, leur coeur de métier, a été le résultat, non pas d'une décision stratégique de la direction générale après analyse du marché, mais d'une série de décisions et d'actions à des niveaux "inférieurs" de l'entreprise. La direction générale n'a fait que prendre acte, et 1986, que l'entreprise n'était plus une entreprise de mémoires, mais de microprocesseurs, et ce alors que les mémoires représentaient moins de 50% de leur chiffre d'affaire depuis 1982 déjà. D'où l'idée défendue d'une stratégie non pas comme le résultat d'une action rationnelle, mais comme le résultat d'un ensemble de processus.
Burgelman a repris l'étude de Intel dans un livre passionnant dont nous avons parlé dans un billet précédent, "Strategy is Destiny". Il y développe plusieurs modèles d'analyse dont un évoque le processus stratégique. Selon lui, dans toute grande entreprise, se développent deux démarches stratégiques en quelque sorte opposées. La première, c'est la stratégie officielle, celle qu'il appelle stratégie induite par la direction générale et mise en oeuvre par l'entreprise. Elle se construit par rapport à l'environnement "E" connu de l'entreprise, de l'industrie telle qu'elle est. La seconde est la stratégie autonome; c'est celle qui est mise en oeuvre par les individus ou groupes d'individus à partir d'actions autonomes, c'est à dire non sanctionnées par la direction, voire en contradiction avec elle. Cette action autonome se construit sur l'environnement "e", c'est à dire l'environnement émergent de l'entreprise, celui où se déroulent les ruptures et les turbulences. L'idée est donc d'instituer ce que Burgelman appelle une écologie interne de l'organisation, en laissant s'y développer des initiatives qui sont autant d'occasion d'expérimenter de nouveaux marchés pour éviter que l'entreprise ne soit figée sur un seul. A la direction d'assurer la stratégie induite, à l'écologie interne de préparer l'avenir, y compris l'avenir fortement divergent.

A première vue, cela semble un peu universitaire, mais les travaux de Burgelman sont basés sur un contact très fort avec la réalité de l'entreprise; son objectif est de créer des modèles qui soient applicables par les managers, c'est à dire selon lui qui leur permettent de mieux comprendre la réalité qui les entoure. On terminera en reprenant une citation de Napoléon que Burgelman, apparemment grand fan, cite à plusieurs reprise: le principe de la stratégie, c'est "on s'engage, et puis on voit".

Posted by Philippe Silberzahn on mai 5, 2006 at 07:00 AM dans Séminaires | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack

"The Business of Software", de Michael Cusumano

"The business of Software", de Michael Cusumano, est un livre très intéressant pour tous ceux qui sont impliqués, de près ou de loin, dans l'industrie du logiciel. C'est un livre rare qui combine des informations à la fois techniques et business sur ce métier finalement peu décrit. Cusumano n'est pas un nouveau venu dans le domaine. Il a écrit au moins deux livres majeurs sur l'univers du logiciel. Le premier était Microsoft Secrets, où comme le nom le laisse suggérer, il décrit minutieusement les méthodes de développement de Microsoft, en mettant en avant la fameuse technique du "sync and stabilize" qui s'oppose à l'approche "windfall" traditionnelle dans l'industrie. En somme, Microsoft synchronize quotidiennement les différents modules de son logiciel, y compris avec une équipe de plusieurs dizaines de programmeurs, alors que les méthodes des "usines à logiciel" fixent plutôt de grandes étapes entre lesquelles chacun travaille dans son coin sur la base de spécifications précises. Cusumano explique que précisément, lorsqu'il n'est pas possible d'établir des spécifications précises, les usines à logiciel ne peuvent pas fonctionner.

Le second livre écrit pas Cusumano, et qui vaut également vraiment la peine d'être lu, c'est Competing on Internet Time: Lessons from Netscape and Its Battle With Microsoft. Il s'agit du récit fascinant de la lutte entre Netscape et Microsoft pour la domination du marché des navigateurs, avec une très forte analyse des aspects techniques de cette bataille. En substance, Cusumano explique que Netscape a, entre autres, perdu parce que l'entreprise n'a pas su architecturer correctement son produit. Microsoft a lui procédé en deux temps. D'abord, il s'est agi de sortir très vite une version pour occuper le terrain. Ensuite, Microsoft a en quelque sorte fait une pause architecturale, et a complètement revu la structure du logiciel. Si cela a entraîné une perte de temps à court terme, cela a néanmoins permis à Internet Explorer d'être beaucoup plus solide techniquement et d'évoluer plus vite ensuite. Au contraire, Netscape, freiné également par sa politique consistant à offrir son navigateur sur toutes les plates formes, y compris les plus exotiques, n'a jamais fait cette pause essentielle, et son logiciel est devenu de plus en plus difficile à maintenir et à faire évoluer.

The Business of Software est moins haletant ou distrayant, il se lit plus comme un rapport exhaustif. Dans ce livre, Cusumano passe en revue tous les aspects de ce métier: quelle stratégie pour les sociétés de logiciels, sachant que le terme recouvre des situations très diverses (société de service, éditeur, etc.); Meilleures pratiques de développement, où il reprend la distinction entre sync and stabilize et windfall; et Entrepreneuriat logiciel, un chapitre consacré aux startups dans ce domaine.

Si le livre ne contient rien de révolutionnaire, il constitue néanmoins une très bonne synthèse sur le domaine en mêlant adroitement des considérations techniques que marketing, stratégiques et commerciales. Il est facilement lisible par le public de chacun de ces domaines, partant du principe que chacun devrait connaîte ce qu'il évoque pour avoir une bonne vue d'ensemble de son industrie... et de son entreprise.

Lien Amazon: The Business of Software; La page Web de Michael Cusumano.

Posted by Philippe Silberzahn on mai 3, 2006 at 07:00 AM dans Revues de livres | Permalink | Commentaires (1) | TrackBack

Séminaire "L'optimisation de la relation R&D-Marketing"

Les 19 et 20 juin 2006, de 8h30 à 18h, l'Institut Européen de Stratégie Créative et d'Innovation , en partenariat avec l'Echangeur et l'association Ecrin, organise un séminaire exceptionnel sur le thème :

L'optimisation de la relation R&D-Marketing dans les processus d'Innovation
 
La bonne coopération entre les fonctions R&D et Marketing joue un rôle déterminant dans le succès des processus d'innovation de l'entreprise : si la R&D n'est pas à l'écoute du marketing, le risque est de tomber dans le fameux "succès technologique – échec commercial" ; à l'inverse, une faible prise en compte par le marketing des possibilités technologiques se traduit par des innovations pauvres, rapidement copiées.

     • Pourquoi les deux fonctions ont-elles fondamentalement du mal à coopérer ?
     • Comment les deux fonctions peuvent-elles s'enrichir mutuellement au cours du processus d'innovation ?
     • Comment la synergie R&D – Marketing peut-elle aboutir à la construction d'innovations à très hautes valeurs ajoutées ?
     • Quels outils et solutions concrètes existent-ils pour favoriser la symbiose entre les deux fonctions ?

Pour répondre à ces questions, le séminaire s'appuiera sur  :
     •  Les méthodes, approches et outils les plus avancés dans le monde 
     •  Un benchmark, des analyses de cas
     •  Les retours d'expérience et les témoignages des leaders : Essilor, EADS, Décathlon, LaSer, 3M, France Télécom et L'Oréal.
     • Des ateliers et plateformes de démonstrations

Le détail du programme : www.echangeur.fr/images/242_Presentation.pdf
Information et inscription :
Hélène Guyot, Institut Européen de Stratégie Créative et d'Innovation
01 49 23 75 11-
guyot@institut-innovation.com 

Posted by Bernard Buisson on mai 2, 2006 at 11:20 AM dans Séminaires | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack