"Mittal ou le business model du capitalisme émergent"
Signalé par le Figaro du lundi 20 février, on peut lire sur le site telos-eu.com, un excellent article sur le modèle Mittal Steel, mis en ligne le 15 février dernier. Ecrit par Joël Ruet, chercheur à la London School of Economics et chercheur associé à l’Ecole des Mines de Paris, l'article décortique les secrets du modèle Mittal, ce "mélange de capitalisme issu des pays post-soviétiques et des pays émergents ... d'inspiration socialistes" qui vient ironiquement effrayer le modèle capitaliste occidental. Pour l'auteur on aurait tort d'interpréter l'irruption de Mittal dans la cour des multinationales prédatrices comme le triomphe de la seule logique de compression des coûts, sans valeur ajoutée ni innovation. Le modèle est plus complexe, et Mittal Steel annonce d'autres champions issus de pays émergents, dans des secteurs beaucoup moins traditionnels que la sidérurgie ; pharmacie, informatique, biotechnologies... Bref, ceux qui penseraient encore que l'OPA de Mittal Steel sur Arcelor est un hoquet passager de la mondialisation ne sont pas au bout de leurs surprises.
L'article de Joël Ruet : www.telos-eu.com/2006/02/mittal_ou_le_business_model_du.php
Posted by Bernard Buisson on février 21, 2006 at 07:00 AM dans Macro-économie | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack
Innovation et recherche en Europe : prendre des mesures radicales avant qu'il ne soit trop tard
A l'occasion du sommet d'Hampton Court en octobre 2005, la Commision Européenne avait mandaté un groupe d'experts indépendants, présidé par Esko Aho (ancien Premier ministre finlandais) pour "donner son avis sur les moyens de promouvoir les performances de l’Union européenne dans le domaine de la recherche et de l’innovation". Les objectifs du sommet de Lisbonne en 2000 (notamment faire de l'Europe la zone économique la plus performante à l'horizon 2010) ne seront clairement pas atteints, et les experts constatent l'échec de la méthode préconisée à l'époque, à savoir laisser chaque Etat membre avancer à son idée, puis comparer les résultats et sélectionner les meilleures pratiques.
Première recommandation du groupe d'experts : le marché unique n'est qu'un concept si d'un pays à l'autre les réglementations restent disparates. C'est le cas notamment dans l'industrie pharmaceutique, et ce morcellement prive les industriels d'un marché suffisant pour amortir leurs efforts de R&D.
Deuxième recommandation : débloquer le financement privé de la recherche-développement, car c'est celui-ci qui fait défaut aujourd'hui en Europe.
Troisième recommandation : encourager la mobilité sous toutes ses formes (des chercheurs, des idées, des financements...) et développer les plate-formes dédiées à un sujet particulier. Les pôles d'excellence régionale mis en oeuvre dans de nombreux pays (et aujourd'hui en France avec les pôles de compétitivité) ont donné des résultats probants.
Au final, le rapport met en garde les pays européens ; la relance de l'innovation n'est pas une lubie, c'est la seule façon de préserver ce qui reste du modèle social européen. Gageons que leurs recommandations ne déclencheront pas autre chose qu'un assentiment de façade de la part de dirigeants européens qui ont prouvé qu'ils préféraient toujours le maintien des avantages des générations actuelles au détriment de l'avenir et des générations futures.
Le communiqué de la Commission européenne : http://europa.eu.int/rapid/pressReleasesAction.do?reference=IP/06/58&format=HTML&aged=0&language=FR&guiLanguage=en
Le rapport : http://europa.eu.int/invest-in-research
Posted by Bernard Buisson on janvier 23, 2006 at 07:00 AM dans Macro-économie | Permalink | Commentaires (1) | TrackBack
