"The world's most innovative companies"
A acheter en kiosque cette semaine : le dernier n° de Business Week (daté du 24 avril 2006) qui consacre sa couverture pour la deuxième année consécutive à l'enquête "The world's most innovate companies". En collaboration avec le Boston Consulting Group, Business Week a interrogé 1070 cadres dirigeants.
Les meilleurs innovateurs de ce classement 2006, dans l'ordre : Apple, Google et 3M. A signaler également, à la 7ème, 8ème et 10ème place respectivement, Procter & Gamble, Nokia et IBM, qui excellent dans les trois facettes de l'innovation retenues par Business Week : l'innovation produit, l'innovation process, et l'innovation de business model.
Parmi les confirmation de cette enquête, l'innovation paie : les 25 premiers innovateurs mondiaux ont vu leur marge progresser en moyenne de 3,4% par an au cours de la décennie 1995-2005, alors que le taux moyen s'établit à 0,4% pour les sociétés composant le Standard & Poors 1200 global stock index.
L'article principal relatif à l'enquête peut être lu à l'adresse suivante : www.businessweek.com/magazine/content/06_17/b3981401.htm
Le classement des 100 sociétés les plus innovantes : www.businessweek.com/magazine/content/06_17/b3981413.htm
Posted by Bernard Buisson on avril 20, 2006 at 11:07 AM dans Revues d'articles | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack
"Connect & Develop : inside Procter & Gamble new model for innovation"
A lire d'urgence dans le n° de mars de la Harvard Busines Review, un article co-écrit par Larry Huston et Nabil Sakkab, respectivement Vice-President for Innovation and Knowledge, et Senior Vice-President for corporate research and development chez Procter & Gamble. Les deux hommes sont les artisans de la mise en place du programme Connect & Develop (le nouveau nom de la R&D chez Procter), l'exemple emblématique de l'approche "Open Innovation" pronée par Henry Chesbrough. Aujourd'hui, un tiers des nouveaux produits lancés par Procter a été développé hors des murs de l'entreprise : impossible d'ignorer ce modèle qui permet à des grands groupes d'intégrer rapidement ce qui se fait de mieux.
L'article peut être commandé sur le site de la HBR moyennant $6 : http://harvardbusinessonline.hbsp.harvard.edu/b02/en/common/item_detail.jhtml?id=R0603C
Posted by Bernard Buisson on mars 31, 2006 at 12:59 PM dans Revues d'articles | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack
"Inside the Google empire"
Si vous voulez en savoir plus sur Google, la société qui vaut $100 milliards, la société qui est passée l'année dernière de 3000 à 6000 employés, vous pouvez acheter le n° de Time magazine daté du 20 février 2006, avec Sergey Brin, Larry Page et Eric Schmidt en couverture. Dans un long reportage de neuf pages, vous revivrez le chemin qu'a emprunté cette ex start-up depuis le projet académique de Page à Stanford (1996), puis son installation dans un garage de Menlo Park (1998). Celle aussi qui a inspiré au magazine Wired des couvertures aussi différentes que "Googlemania" (2005) ou "Googlephobia" (2006).
L'interview de Page, Brin et Schmidt est en accès libre sur le site de Time : www.time.com/time/magazine/article/0,9171,1158956,00.html, mais pas les autres articles qui ne sont accessibles qu'aux abonnés.
Posted by Bernard Buisson on février 13, 2006 at 06:50 PM dans Revues d'articles | Permalink | Commentaires (1) | TrackBack
"L'Europe et le Japon à l'assaut du moteur de recherche du futur"
A lire dans les Echos Innovation du mercredi 1er février, une série d'articles sur les tentatives engagées pour construire l'après-google. Le Japon a créé, sous l'impulsion du Miti, un groupe de travail entreprises-universités. L'Europe a maintenant Quaero, marque presque grand public depuis que Jacques Chirac l'a citée lors de ses voeux à la presse.
Oublions quelques instants les effets d'annonce ; au verso de l'article principal des Echos, il serait dommage de passer à côté de l'interview de John Battelle, co-fondateur de magazines comme Wired et The Industry Standard, qui a écrit l'année dernière "The Search: how Google and its rivals rewrote the rules of business and transformed our culture". Bien sur John Battelle reconnait qu' "il y a toujours de la place pour une innovation qui change le marché", et que cela vaut aussi pour les moteurs de recherche (c'est ce que Google a fait à la fin des années 90 avec la technologie PageRank). Par contre, on sent bien que Quaero a du chemin à faire avant d'inquiéter Google et Yahoo! John Battelle est direct : "J'estime qu'une telle initiative est ridicule dans un contexte d'économie de marché. Je vous laisse imaginer comment les gens réagiraient si le gouvernement américain s'avisait de créer son propre moteur de recherche pour protéger sa culture. Mais parce que c'est la France et l'Allemagne, on trouve cela bien." Et d'ajouter un peu plus loin : "Les meilleurs spécialistes de la recherche travaillent chez IBM, Google, Yahoo! et Microsoft, pas chez Thomson et Deutsche Telekom".
Le débat ne fait que commencer...
Les articles des Echos Innovation peuvent être consultés sur internet (moyennant 2 Euros) : www.lesechos.fr
Le livre de John Battelle : http://www.amazon.com/gp/product/1591840880/qid=1138830644/sr=1-1/ref=sr_1_1/104-9818891-9468715?s=books&v=glance&n=283155
Posted by Bernard Buisson on février 1, 2006 at 11:02 PM dans Revues d'articles | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack
Age et grandes découvertes scientifiques
Le 2 janvier dernier, Jean-Pierre Robin, chroniqueur économique au Figaro, écrivait un article intitulé "L'année 2006 verra le retour en grâce des seniors". Cet article s'appuyait pour l'essentiel sur les conclusions d'un article académique ("Age and great invention") publié en avril 2005 par Benjamin Jones, professeur de stratégie à la Kellogg School of Management. Que dit Benjamin Jones ? En s'appuyant sur l'exemple de 564 prix Nobel (en physique, chimie, médecine et économie) et 284 grands inventeurs, il démontre que l'âge moyen auquel ces chercheurs ont fait leurs grandes découvertes a augmenté d'environ six ans au cours du XXème siècle. Pendant la même période, l'âge auquel les grands sportifs réalisent leurs performances n'a pas évolué. Pour Benjamin Jones, l'acquisition des connaissances préalable à toute découverte originale pèse plus lourd aujourd'hui, et explique cette progression de l'âge des grands inventeurs.
L'article de Jean-Pierre Robin n'est pas visible sur le site du Figaro (l'accès aux archives ne fonctionne pas non plus en ce moment), par contre l'article complet de Benjamin Jones peut être lu à l'adresse suivante : http://www.kellogg.northwestern.edu/faculty/jones-ben/htm/AgeAndGreatInvention.pdf
Si le sujet vous intéresse, et si vous survivez aux 40 pages du premier article, vous pouvez également vous lancer dans la lecture de "The burden of knowledge and the death of the Renaissance man : is innovation getting harder ?" : http://www.kellogg.northwestern.edu/faculty/jones-ben/htm/BurdenOfKnowledge.pdf. Un article assez complexe, mais très en ligne avec le précédent, qui confirme que l'innovation va de pair avec un accroissement de l'âge, du travail en équipe et de la spécialisation. L'approche très statistique de Benjamin Jones donne notamment des mesures pour ces deux derniers facteurs : +17% par décennie de progression du travail en équipe, et +6% par décennie pour la mesure de la spécialisation.
Deux articles qui mettent bien en relief les défis de la société de la connaissance.
Posted by Bernard Buisson on janvier 9, 2006 at 07:00 AM dans Revues d'articles | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack
Les Echos - Dossier "Dix ans d'internet"
Une des caractéristiques du phénomène internet, c'est qu'on peut lui attribuer à peu près l'age qu'on veut. Les Echos lui donnent dix ans cette semaine, et célèbrent cet évènement à raison d'une page complète chaque jour. Les sujets abordés jusqu'à présent :
- lundi 28 novembre : "La communication réinventée",
- mardi 29 novembre : "Tornade sur la planète information",
- mercredi 30 novembre : "Internet révolutionne le commerce".
Bien que dans l'article de mardi, Denis Coignard consacre un paragraphe à "La chute de la valeur de l'information", et un autre à "La mort programmée des journaux", les Echos vous demanderont 2 Euros pour accéder au contenu des articles si vous n'êtes pas abonnés par ailleurs...
Une fois n'est pas coutume, Les Echos ont également mis en place un blog accessible gratuitement. Chaque jour depuis lundi, une personnalité du monde internet prend sa plume :
- lundi : Christophe Agnus, fondateur de Transfert,
- mardi : Orianne Garcia, Fondatrice de Lokace et Caramail,
- mercredi : Pierre Chappaz, fondateur de Kelkoo.
On vous recommande plus particulièrement les posts d'Orianne Garcia et de Christophe Agnus, pleins d'humour et de nostalgie.
Le blog des Echos : http://blogs.lesechos.fr/rubrique.php?id_rubrique=7
Posted by Bernard Buisson on novembre 30, 2005 at 10:53 PM dans Revues d'articles | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack
"PME, comment entrer dans le club des grandes"
Excellente chronique d'Yves de Kerdrel dans le Figaro du 1er novembre, dans laquelle on retrouve de nombreux thèmes qui nous sont chers :
- 19 des 25 plus grandes sociétés américaines n'existaient pas en 1965 ; en France, les 25 premières entreprises ont toutes plus de 40 ans,
- seuls 51% des nouvelles entreprises crées en France survivent plus de 4 ans ; c'est le taux le plus faible des pays développés,
- au cours de leurs quatre premières années d'existence, les nouvelles entreprises américaines voient leur effectif progresser de 115%. En France, la progression pour la même période est de ... 15%,
- l'Agence pour l' Innovation Industrielle est tout le contraire du Small Business Act dont a besoin la France, puisqu'elle vise à aider des groupes déjà mûrs à financer des projets,
Un extrait du discours prononcé récemment par Goeffroy Roux de Bézieux à l'occasion d'un déjeuner organisé par Croissance Plus, résume toute la situation : "La force d’un pays, ce n’est plus seulement celle de ces « champions » nationaux car personne ne peut prédire s’ils le seront encore dans 5 ou 10 ans. Non, la force d’un pays c’est d’avoir des centaines de milliers d’entrepreneurs, dont seulement quelques dizaines réussiront, à leur tour, à créer des champions nationaux ou mondiaux. La force des Etats-Unis aujourd’hui, c’est Dell, c’est Google, c’est E-Bay, c’est Cisco… Ce n’est plus ni General Motors, ni Hewlett-Packard ! La force de l’Angleterre c’est Easyjet, Vodafone ou Virgin … Ce n’est ni Rover, ni British Airways. Et en France, qui pourrait-on citer ?"
L'intégralité de l'intervention de Geoffroy Roux de Bézieux est disponible sur l' (excellent) blog de Pascal Mercier : http://pascal.blogs.com/venture/2005/10/djeuner_croissa.html
Le site de Croissance Plus : http://www.croissanceplus.com
La chronique d'Yves de Kerdrel peut être lue pendant quelques jours à l'adresse suivante : http://www.lefigaro.fr/debats/20051101.FIG0158.html?084958
Posted by Bernard Buisson on novembre 2, 2005 at 07:00 AM dans Revues d'articles | Permalink | Commentaires (3) | TrackBack
Interview de Bil Gates dans le Figaro
Bill Gates, on aime ou on aime pas, mais on ne peut pas l'ignorer. Les chemins mystérieux tracés par les attachés de presse de Microsoft auront voulu qu'il accorde une interview et parle d'innovation à l'un des journaux français qui a le plus de mal à mettre en oeuvre l'innovation : Le Figaro (cf. notre post du 17 octobre dernier "Quand la presse se trompe d'innovation"). La situation ne manque pas de saveur, puisque Bill Gates, en réponse à la question "L'édition papier et les journaux sont-ils condamnés ?" (une question discrètement ajoutée à la demande de la Direction Générale du Figaro ?) répond : "Heureusement, l'expertise des entreprises de presse ne réside pas dans leur capacité à couper des arbres mais à fournir de bons articles qui contribuent à la solidité de leur réputation". Curieusement, la formule "L'expertise des entreprises de presse ne réside pas dans leur capacité à couper des arbres" n'a pas été retenue comme titre de l'article du Figaro... Il n'est pas juste riche Bill, il a aussi de l'humour.
Mais l'interview ne se réduit pas à la consultation de l'oracle Gates par deux journalistes inquiets quant à l'avenir de la presse ; Bill s'exprime aussi sur le rachat d'e-bay par Skype, sur l'ordinateur à $100, et parle un peu plus longuement de Google, son dernier ennemi déclaré, qu'il balaye au passage comme un vieux routier avec la formule "En trente ans, on nous a prêté pas mal de challengers !".
Bref, une interview à lire avant qu'elle ne bascule dans la case "archive à 4 Euros" du site du Figaro : http://www.lefigaro.fr/eco-hitech/20051026.FIG0103.html
Posted by Bernard Buisson on octobre 27, 2005 at 06:00 AM dans Revues d'articles | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack
"High-tech : les recettes des stars européennes"
A lire dans les Echos cette semaine, un article par jour sur le thème "Comment l'Europe peut rattraper son retard sur les Etats-Unis". L'enquête s'appuie sur une étude réalisée par McKinsey, qui a décortiqué pour l'occasion les secrets des champions européens. Le tableau actuel de la high-tech n'est pas rose ; seuls 17% des principales entreprises high-tech sont européennes, contre 51% aux Etats-Unis, et 28 à l'Asie-Pacifique. Le Conseil d'Analyse Economique a écrit "la position cumulée de la France et de l'Allemagne sur les produits technologiques deviendra négligeable à l'horizon 2025 ; en-dessous d'un demi-point du marché mondial, soit six fois moins qu'au milieu des années 1990". Pourtant des entreprises européennes high-tech prospèrent, qu'elles s'appellent Dassault Systèmes, Logitech, Business Objects...
Posted by Bernard Buisson on octobre 25, 2005 at 07:00 AM dans Revues d'articles | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack
Automobile : ce que préparent les équipementiers
Dans le Figaro Economie du mardi 18 octobre, un article fait le point sur les dernières innovations développées par les équipementiers, des radars qui détectent les véhicules dans les angles morts des rétroviseurs, aux colonnes de direction rétractables, en passant par les systèmes de vision nocturne à infrarouges. La pression pour innover est une constante dans ce secteur, avec cette année la présence de 300 équipementiers chinois au dernier salon Equip-Auto...
A lire rapidement sur : http://www.lefigaro.fr/eco-monde/20051018.FIG0234.html (avant que l'article ne disparaisse dans la partie Archives)
Posted by Bernard Buisson on octobre 19, 2005 at 02:00 PM dans Revues d'articles | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack
Article sur Larry Page et Sergei Brin, fondateurs de Google
Un article très intéressant (merci Jérôme) sur les fondateurs de Google, qui montre comment ils ont su rester eux-mêmes et s'imposer face aux VC. Question que pose l'article: jusqu'à quel point leur attitude est-elle de la force de personnalité et quand devient-elle un caprice? La dynamique très particulière formée par le trio dirigeant de Google, les deux fondateurs Larry Page et Sergei Brin, et le PDG Eric Schmidt, sera certainement un élément déterminant du succès ou de l'échec de Google. Jusque-là, on peut dire que Schmidt a reussi à catalyser la créativité et l'excentricité des deux fondateurs. Schmidt semble être un leader comme Jim Collins les aime, ceux qui savent s'effacer derrière leur organisation. Quant aux deux fondateurs, c'est moins clair. Si l'entreprise continue d'être organisée autour de leur personne, on s'éloignera du modèle Collins pour rejoindre le modèle du tyran entouré de mille assistants à la Steve Jobs, et comme Apple, l'entreprise deviendra à la fois précieuse grâce à leur talent, et fragile à cause de lui...
http://men.style.com/gq/features/full?id=content_422
Posted by Philippe Silberzahn on octobre 10, 2005 at 07:00 AM dans Revues d'articles | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack
"Tu seras entrepreneur mon fils !"
A lire aujourd'hui en page 19 des Echos, une tribune co-signée par notre ami Alain Fayolle (Professeur à l'EM LYON et Président de l'Académie de l'Entrepreneuriat) et Emile-Michel Hernandez (Professeur à l'Université de Reims et Vice-Président de l'Académie de l'Entrepreneuriat). Ils rappellent que depuis plusieurs années, l'Académie de l'Entrepreneuriat (www.entrepreneuriat.com) s'efforce d'introduire et de développer l'enseignement de l'entrepreneuriat dans le système français, ce qui (surprise-surprise...) déclenche les protestations des défenseurs de notre incomparable système social. Alain Fayolle et Emile-Michel Hernandez l'écrivent sans détour ; eux et leurs comparses sont soupçonnés "d'avoir vendu leur âme au libéralisme et de vouloir introduire le loup de l'esprit d'entreprise dans la bergerie du système éducatif". On part donc d'assez loin... Mais les raisons d'espérer existent, et on ne peut que donner raison aux deux co-auteurs de cette tribune quand ils écrivent : "enseigner l'entrepreneuriat constitue plus qu'un droit, c'est un devoir".
Posted by Bernard Buisson on septembre 29, 2005 at 10:20 AM dans Revues d'articles | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack
Innovation, créativité: comment bâtir l'entreprise innovante selon Business Week
Un article très intéressant de BusinessWeek intitulé "Get creative - How to build innovative companies" souligne l'importance croissante de l'innovation dans l'économie actuelle, et plus particulièrement du design qui est présenté comme l'enjeu majeur des prochaines années. L'argument est qu'à l'économie du savoir va succéder l'économie de la créativité. Voici pourquoi.
Selon l'article, les travaux qui font appel à l'aspect analytique de l'activité industrielle, comme l'écriture de logiciels, la comptabilité et tous les services de ce type, ce qu'on peut appeler les activités de "partie gauche" du cerveau, sont de plus en plus sous-traitées dans les pays émergents. Le nouveau coeur de métier qui émerge est donc constitué des activités de "partie droite" du cerveau, en un mot, tout ce qui fait appel à la créativité. Oubliez les maths et l'ingénierie, bienvenue à l'imagination et l'innovation.
Derrière ce phénomène se développe la banalisation de la connaissance. Aujourd'hui, n'importe quel pays peut fabriquer une voiture, une chaîne hi-fi ou une fusée. Les pays occidentaux ont longtemps cru qu'ils se protégeraient avec leurs universités, leurs grandes entreprises, et d'une manière générale leur focalisation sur le haut de gamme et la valeur ajoutée (sauf peut-être la France qui fonde encore beaucoup d'espoirs sur la vache laitière).
Mais cela ne suffit plus. L'Inde compte plus de scientifiques de haut niveau que les Etats-Unis, sans parler de la Chine. D'où l'importance de la créativité. Ce qui compte désormais, c'est de créer des "expériences clients", pas simplement des produits. L'expérience client, c'est ce qui fait la différence entre un iPod d'Apple, et les dizaines d'autres baladeurs numériques techniquement semblables, mais au fond tellement différents. L'expérience client, c'est Zara dont nous parlions dans un post précédent. La clé de cette approche réside dans la proximité - voire l'intimité - avec le client. C'est cette proximité qui va permettre d'innover en collant aux attentes des utilisateurs, voire en les anticipant.
BusinessWeek n'hésite pas à affirmer qu'une nouvelle génération de gourous est en train d'émerger sur cette question, au point d'éclipser la génération précédente, représentée par Clayton Christensen, abondamment cité sur ce blog. Selon l'article, Christensen se préoccupe d'innovation "macro", c'est à dire les innovations radicales, alors que l'important désormais serait l'innovation micro: mieux comprendre ses clients, augmenter la créativité, améliorer les produits, etc.
L'article a raison de souligner la tendance à l'égalisation des chances en matière de connaissances. La Chine et L'Inde, mais aussi la Corée du Sud sont au meilleur niveau scientifique et technique, cela ne fait plus aucun doute. Il a bien sûr raison de souligner l'importance de l'innovation pour résister aux pays à faible coût de main d'oeuvre. Mais il se trompe sur plusieurs points:
- Il est faux de dire que Christensen ne se préoccupe que de "macro" innovation. En fait, Christensen se préoccupe depuis toujours d'une chose, c'est de comprendre pourquoi les grandes entreprises n'innovent pas. On peut certes débattre à l'infini sur la distinction innovation radicale/innovation incrémentale, mais la question de fond demeure. Les entreprises, selon lui, n'innovent pas parce qu'il n'est souvent pas rationnel pour elles d'innover. L'innovation radicale appelle donc à une gestion différente.
- Il est faux de prétendre que l'innovation est uniquement une affaire de créativité. Depuis longtemps, on sait que les entreprises ne manquent pas d'idées. Chacun en a dix par jour. Pourquoi ces idées restent-elles coincées dans le magma organisationnel? Là est la vraie question. On ne peut pas distinguer la question de l'innovation de celle de l'organisation. L'article de BusinessWeek vante les mérites de gourous qui organisent des séminaires de créativité pour CEOs: on est là dans la caricature éculée de l'innovation, celle du "Eureka!" mythique. Isolons le PDG dans une station de ski, et le miracle créatif se produira. Pourquoi le PARC, Palo Alto Research Center, certainement le laboratoire de recherche qui a produit le plus d'inventions fondamentales de l'informatique moderne n'a-t-il jamais réussi à en commercialiser une? Ce n'était guère un problème de créativité.
- Bien sûr le design est important. L'iPod l'a bien montré qui ne doit son succès qu'au design. Mais il ne tient pas lieu de politique d'innovation, comme Apple ne tardera pas à s'en rendre compte.
- Il n'est pas pertinent d'opposer cerveau gauche et cerveau droit. L'innovation ne porte pas seulement sur les produits, elle porte aussi, et souvent, sur les méthodes de conception et de fabrication. L'innovation, c'est ce qui fait que Sagem peut encore fabriquer des téléphones en France, que Tefal a mis la pilée à tous les fabricants d'appareils électro-ménager durant des décennies, en faisant tout fabriquer en France et que Swatch a non seulement résisté aux montres japonaises, mais a réussi à créer un segment, la montre de mode, d'où ils sont totalement exclus. Dans chacun de ces exemples, le design était crucial, mais il venait en complément d'un ensemble allant de la conception à la fabrication.
Une fois cela dit, la proximité avec les clients est un domaine important de recherche actuellement autour de notion d'innovation par l'usage et de "lead user". L'idée est d'intégrer des utilisateurs pionniers dans le processus d'innovation, mais aussi que souvent, les innovations viennent des utilisateurs eux-mêmes. On lira avec intérêt les travaux d'un spécialiste du domaine, Eric Von Hippel, dont les livres sont en téléchargement gratuit sous licence Creative Commons.
Bref, l'innovation, un sujet chaud.
Posted by Philippe Silberzahn on août 1, 2005 at 07:00 AM dans Revues d'articles | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack
"Les achats en ligne explosent en France"
Le monde change, et les Français aussi, quoi qu'on en dise. Le Figaro Economie de samedi dernier (9 juillet) explique que les Français, qu'on disait réticents face aux achats sur internet, sont devenus les champions d'Europe des achats en ligne !
On y apprend notamment que près de la moitié des internautes (47%) ont effectué au moins un achat en ligne au cours du premier semestre 2005.
A lire sur : http://www.lefigaro.fr/eco-hitech/20050709.FIG0130.html?153233
Posted by Bernard Buisson on juillet 12, 2005 at 08:00 AM dans Revues d'articles | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack
"Le numérique fait des ravages dans la photographie traditionnelle"
A lire dans le Figaro Economie du 28 juin, une série d'articles sur la transition de la photographie argentique à la photographie numérique. Cette dernière est souvent présentée, à juste titre, comme l'archétype de l'innovation radicale. Il se passe rarement une semaine sans un article consacré aux difficultés de Kodak. Les articles du Figaro font le point sur ce qui est devenu "la déferlante numérique".
"Le numérique fait des ravages dans la photographie traditionnelle" : http://www.lefigaro.fr/eco-hitech/20050628.FIG0078.html?075354
"Malgré des pertes considérables, Hermès espère sauver Leica du pire" : http://www.lefigaro.fr/eco-hitech/20050628.FIG0084.html
"Samsung rêve de la gloire d'Harcourt" : http://www.lefigaro.fr/eco-hitech/20050628.FIG0083.html
"Chalon-sur-Saône sans Kodak" : http://www.lefigaro.fr/eco-hitech/20050628.FIG0085.html
Posted by Bernard Buisson on juin 29, 2005 at 08:00 AM dans Revues d'articles | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack
La longue queue, un concept clé pour la stratégie, l'innovation et le commerce électronique
En octobre 2004 est paru un article important écrit par Chris Anderson, du magazine Wired, intitulé The Long Tail (la longue queue).
L'idée d'Anderson est qu'avec la dématérialisation des échanges apportée par Internet, toute offre croisera un jour une demande. Dans le commerce traditionnel, l'offre était en grande partie définie par sa capacité à rencontrer une demande, ce qui conduisait à la création de points de rencontre physiques: les magasins et places de marché. Comme le magasin ne peut pas physiquement contenir tous les produits possibles, et que l'espace physique est cher, l'économie réelle force l'offreur à limiter son offre aux produits les plus vendables. Ainsi, un supermarché ne mettra un CD en vente que si celui-ci peut se vendre à au moins 100.000 exemplaires. En deça, il n'est pas rentable. L'implication pour l'acheteur est évidente: l'économie est dirigée par l'offre, qui est de facto rationnée. Le choix se restreint aux produits cultes, et ceux qui souhaitent éviter le tout venant n'ont pas de solution. Une telle frustration est particulièrement évidente dans l'industrie musicale qui a poussé à fond la starisation, investissant des sommes colossales sur un petit nombre de "vedettes" auxquelles il est difficile d'échapper. Le commerce traditionnel est donc basé sur l'exploitation de la distribution de la demande vue comme une courbe normale, consistant à servir la partie centrale, en oubliant les côtés.
Internet change tout cela: en changeant l'équation économique, le commerce électronique rend possible les niches. Toute offre peut ainsi rencontrer une demande, et donc toute demande peut devenir rentable, si faible soit-elle. On voit ainsi des sites de distribution de musique ou de films briser la distribution normale et faire plus de ventes avec des titres supposés marginaux qu'avec des hits.
Le longue queue signifie que toute présence sur Internet sera détectée un jour. Si vous êtes spécialiste de décorations militaires bulgares, votre site Internet finira certainement par concentrer les passionnés. Est-ce que pour autant vous pourrez en tirer profit? Anderson ne le dit pas.
L'article de Chris Anderson a été traduit en français par Natasha Dariz et Daniel Kaplan (FING) en avril dernier et est disponible sur le blog Internet-Actu sous le titre La longue queue. L'article original The long Tail est disponible sur le site de Wired.
Posted by Philippe Silberzahn on juin 10, 2005 at 08:00 AM dans Revues d'articles | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack
Axel Ganz : "La presse est condamnée à innover pour réussir"
A 67 ans, Axel Ganz quitte la présidence du groupe Prisma Presse. A cette occasion, Le Figaro l'a interviewé, et ses messages à l'industrie de la presse sont clairs. A la question "Y-a-t-il une recette Axel Ganz ?", l'intéressé répond : "Il ne faut pas créer pour créer, mais créer pour réussir. La prospérité du titre est primordiale : l'indépendance de la presse passe par sa force économique. Pour se lancer, il faut apporter quelque chose de nouveau aux lecteurs. L'innovation est la clé de tout. En 1979, Géo a été le premier magazine tout en couleurs. En 1984, Femme actuelle a inventé un mode de lecture très différent qui a marqué toute une génération de presse. En 1991, Capital a imposé la couverture sommaire..."
Il y parle également des mutations que le secteur doit engager pour faire face à de nombreux changements: nouvelles technologies de l'information, nouveaux modes de consommation.
L'interview est disponible pour quelques jours sur le site du Figaro (mais passera ensuite en archive payante, à 4 Euros HT l'unité... ; internet est un concept encore un peu violent pour Le Figaro, et le titre essaye de dissuader ses lecteurs d'accéder aux archives via Internet. On devrait les inciter à afficher dans leur hall une phrase tirée de l'interview d'Axel Ganz "Une presse qui n'est pas accessible est une presse inexistante" ):
http://www.lefigaro.fr/eco-medias/20050531.FIG0247.html
Disponible également pour quelques jours un article qui résume la carrière d'Axel Ganz ("L'homme qui a bousculé le marché des magazines") : http://www.lefigaro.fr/eco-medias/20050531.FIG0246.html
Posted by Bernard Buisson on juin 1, 2005 at 08:00 AM dans Revues d'articles | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack
"Building breakthrough businesses within established organizations"
Dans le dernier n° de la Harvard Business Review (Mai 2005), Vijay Govindarajan et Chris Trimble, professeurs à la Tuck School of Business du Darmouth College, abordent un sujet crucial pour les grandes entreprises aujourd'hui, tous secteurs confondus : comment développer avec succès un nouveau buiness à partir d'une innovation radicale ? La question a déjà été abordée maintes fois, que ce soit par Christensen dans ses différents ouvrages, par Chesbrough et Teece ("Organizing for innovation When is virtual virtuous ?", HBR August 2002), ou encore dernièrement par Geroski et Markides (cf. leur ouvrage "Fast second", chez John Wiley & Sons, 2005). L'approche de Govindarajan et Trimble est originale et consiste à dire : pour développer une nouvelle activité à partir d'une innovation radicale, l'entreprise doit emprunter certaines choses à son "core business", et en oublier d'autres.
L'article peut être acheté en format pdf pour $6 sur le site de la HBR : http://harvardbusinessonline.hbsp.harvard.edu/b01/en/common/item_detail.jhtml?id=R0505C
Posted by Bernard Buisson on mai 26, 2005 at 08:00 AM dans Revues d'articles | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack
Pourquoi la France est incapable de créer un Microsoft
Signalé par Alexis Kartmann, voici un article très intéressant de Ariane Kahn paru dans le Monde qui se demande pourquoi notre pays est incapable de générer de nouvelles entreprises, qui sont les seules vraies sources de croissance. Plusieurs facteurs sont identifiés: détournement des mesures en place, insuffisances du système financier, attitude des grands groupes, faible représentation des PME aux niveaux institutionnels, et enfin éducation favorisant le conformisme. Bien vu.
Ce type d'article est utile, mais à mon sens ne doit pas donner l'impression d'une fatalité. La France n'est pas "incapable" de créer un Microsoft. Elle ne l'a pas fait, mais elle a des réussites à son actif. Les choses bougent beaucoup dans le domaine entrepreneurial en France, et il faudra un certain temps avant que ça ait un impact "macro". Ca ne veut pas dire qu'il faille voir la vie en rose, mais de là à la voir en noir... Souhaitons que l'énergie déployée actuellement sur le thème "ça va mal" se déploie désormais sur "que pouvons-nous faire pour que ça aille mieux".
L'article est disponible intégralement ici: http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3234,36-648882,0.html
Posted by Philippe Silberzahn on mai 17, 2005 at 12:00 AM dans Revues d'articles | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack
La France, terre d'antilibéralisme
Un article intéressant de David Spector, économiste et chercheur au CNRS, paru dans Libération fait remarquer que la méfiance des politiques français à l'égard des mécanismes de marché est sans équivalent chez nos voisins européens. Les causes de cet antilibéralisme viscéral (au sens de non rationnel) sont difficiles à identifier, d'autant que la France a par ailleurs eu dans son histoire des périodes fort libérales dont elle n'a en général pas eu à se plaindre. Notre pays est devenu, en opposition avec presque tous les pays européens, le principal obstacle au libéralisme en Europe.
On a l'habitude, désormais, d'opposer une
approche sociale, prônée par la France, à une approche soit-disant
libérale "à l'anglo-saxonne". Or Spector fait remarquer que les
politiques antilibérales de la France n'ont
pas le moindre rapport avec un quelconque souci de justice sociale : "la
plupart d'entre elles profitent à quelques grandes entreprises, au détriment
des consommateurs, des finances publiques, ou des pays pauvres.
Inversement, les pays européens les plus soucieux d'égalité (les pays
scandinaves) adoptent en général des positions plus libérales que la
France."
Le meilleur exemple, mais il y en a cent, est la loi Galland. Votée en 1996, cette loi sans
équivalent au monde gèle la concurrence dans la grande distribution et
a provoqué une augmentation importante des prix. Elle favorise les
entreprises (producteurs, petits commerçants, grands distributeurs) au
détriment des ménages les plus pauvres, contraints de payer plus cher
leur alimentation. Et après le gouvernement s'étonne de la baisse du pouvoir d'achat!!!
Le plus intéressant est cette union nationale contre le libéralisme, qui s'illustre dans le oui et le non à l'Europe, les opposants affirmant que l'Europe est trop libérale, et les partisants soutenant que seule l'Europe peut nous protéger du libéralisme.
L'article est en ligne sur le site de Libé: http://www.liberation.fr/page.php?Article=296163
Posted by Philippe Silberzahn on mai 16, 2005 at 08:00 AM dans Revues d'articles | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack
Le DVD inrayable, innovation française
Dans le dernier numéro de Capital (164), on vous recommande la lecture, page 46, du portrait d'Al Fetouhi, Directeur Général de Digital Valley, un fabricant de DVD installé dans la banlieue de Rouen. A 23 ans, Al Fetouhi quitte Alger pour aller décrocher un doctorat en ingénierie chimique, financé par 3M, chez qui il restera trois ans. Aujourd'hui, il a trouvé la solution pour protéger les DVD des rayures, avec la pose d'une couche de protection de 3 nanomètres. Déjà inventeurs du DVD double-face (vidéo d'un côté et musique de l'autre), produit adopté notamment par Sony, on peut parier qu'Al Fetouhi et Digital Valley vont faire reparler d'eux ! Un bon exemple pour tous ceux qui pensent que, hors de la fabrication à bas coûts - en Chine ou ailleurs - il n'y a plus de salut...
Les articles de Capital ne sont pas en ligne, mais vous pouvez lire le Sommaire de Capital .
Posted by Bernard Buisson on mai 11, 2005 at 08:00 AM dans Revues d'articles | Permalink | Commentaires (2) | TrackBack
Les blogs : une révolution dans le marketing des entreprises
Notre ami Benoît Sarazin vient de publier sur son site un excellent article sur l'impact du phénomène blog sur le marketing des entreprises.
D'après Benoît, les blogs constituent un phénomène surprenant qui va révolutionner le marketing des entreprises. Pourquoi ? Parce qu'aucun outil n'a offert un tel degré d'authenticité à une aussi grande masse d'utilisateurs. Comment cela va-t-il arriver ? La réponse réside dans l'observation de trois sociétés qui sont en avance sur le sujet : Microsoft, Nokia et les Centres Leclerc.
L'article de Benoît Sarazin : http://marchesenrupture
Posted by Bernard Buisson on avril 27, 2005 at 08:00 AM dans Revues d'articles | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack
Innovations de rupture : il n'y a pas de fatalité
Ce post-là, on a failli demander à un invité de l'écrire, et puis finalement on s'est dit qu'on n'est jamais aussi bien servi que par soi-même... On se permet donc de vous signaler dans le dernier numéro de l'Expansion Management Review (n°116 daté mars 2005) l'article intitulé "Innovations de rupture : il n'y a pas de fatalité", co-écrit par ... nous-mêmes. On vous livre le résumé : "Les entreprises établies ont du mal à s'aventurer dans les zones d'invertitude où se jouent les ruptures, qu'elles soient d'ordre technologique, économique ou d'usage, qui menacent leur marché. Non par manque d'innovation, mais par difficulté à identifier les ruptures pertinentes et par tendance à favoriser les améliorations incrémentales et les réflexes de gestionnaire. Aborder ces évolutions imprévisibles avec confiance n'est pas impossible, mais demande d'agir avec méthode, en partant des besoins fondamentaux des clients."
Les articles de l'Expansion Management Review ne sont malheureusement pas disponibles sur internet.
Posted by Bernard Buisson on mars 23, 2005 at 08:00 AM dans Revues d'articles | Permalink | Commentaires (1) | TrackBack
"Il n'y a rien à partager"
A l'heure où les 57 milliards de profit des sociétés du CAC 40 réveillent des raisonnements primaires sur le thème du "partage des fruits de la croissance", Pascal Salin, professeur à l'Université de Paris-Dauphine, rappelle opportunément dans le Figaro du 19 mars que "la seule cause durable d'augmentation des salaires ne peut provenir que des innovations, ce qui inclut d'ailleurs aussi bien les innovations institutionnelles que les innovations d'ordre purement technologiques. Tout le reste, et en particulier les prétendus efforts en vue d'effectuer une répartition "juste" des revenus, n'est qu'illusion et démagogie".
L'article complet de Pascal Salin est consultable pendant un jour ou deux sur le site du Figaro :
www.lefigaro.fr/debats/20050319.FIG0116.html
Posted by Bernard Buisson on mars 21, 2005 at 08:00 AM dans Revues d'articles | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack
Faire émerger de nouveaux leaders mondiaux en Europe
Un article très intéressant d'Emmanuel Leprince paru dans le Monde du 22 février fait un constat inquiétant - encore un: les 25 plus grandes sociétés européennes actuelles existaient déjà en 1960, tandis que 19 des 25 plus grandes sociétés américaines sont des PME récentes qui ont réussi à se hisser au sommet. Autrement dit, il n'y a pas de renouvellement des grandes entreprises en France. Il s'agit d'un problème important, à l'heure où le manque de dynamisme industriel et l'absence d'innovation suscitent l'inquiétude: les grandes entreprises traditionnelles, surtout en France, sont en général peu innovantes et dans des secteurs relativement classiques. Il y a peu d'acteurs français dans les domaines émergents des nouvelles technologies. Or c'est l'apparition continue de nouveaux champions qui constitue le véritable moteur de la croissance d'une économie.
La vraie question qui se pose en France est donc de savoir comment on peut faire émerger de nouveaux champions, et non, comme le pensent les nostalgiques de l'ère Pompidou, comment renforcer de supposés champions nationaux existants, dont on ne peut attendre grand-chose. L'article souligne les difficultés d'accès au financement - tout dirigeant de PME vous dira qu'il vaut mieux ne pas avoir besoin de sa banque. Au-delà du financement et du réflexe "plus d'aides publiques", d'autres voies sont cependant possibles, plus dans l'esprit du marché et donc probablement plus efficace. C'est le sens d'une initiative prise par le Comité Richelieu, qui représente les intérêts des PME innovantes et que dirige Emmanuel Leprince. Elle consiste à promouvoir une version française du Small Business Act existant aux Etats-Unis. L'idée du SBA est de réserver une partie des marchés publics à de petites entreprises (un peu plus de 20%). Pour qu'une grande entreprise puisse avoir un marché, elle doit obligatoirement en sous-traiter une partie à une PME. Une telle loi force donc les grandes entreprises à intégrer les petites dans leur action.
Contacté au sujet de ce post, Emmanuel Leprince ajoute: "La qualité des relations entre les grands comptes et les PME innovantes, c’est-à-dire entre entreprises établies et nouveaux entrants, est au coeur du problème: il existe un refus culturel du risque, et donc une préférence donnée aux entreprises établies (par l’Etat, les investisseurs, les jeunes diplômés et les acheteurs), ce qui entraîne un « drame » en deux temps :
1. Très grandes difficultés pour les jeunes entreprises innovantes pour vendre à ces acheteurs,
2. Quand elles y arrivent (cad quand elles ont un potentiel de croissance), grand risque de pillage par des entreprises établies intrinsèquement favorisées.
Pour résumer, pour les jeunes entreprises innovantes, les entreprises établies sont de trop mauvais clients et de trop bons concurrents."
La situation est en outre aggravée quand on sait que les grands groupes ont considérablement durci leurs politiques d'achat ces dernières années : diminution du nombre de fournisseurs, durcissement des conditions, allongement des durées de paiement, etc... Toutes mesures qui tendent à exclure les PME des contrats avec ces entreprises.
Sans nécessairement aller jusqu'à la loi - l'approche législative étant toujours lourde et contraignante - le Comité Richelieu tente de promouvoir un "nouvel esprit" de coopération auprès de certaines grandes entreprises. A la suite de cette initiative, douze d'entre elles se sont engagées sur des approches concrètes pour faciliter l'appel aux PME dans leur activité. Parmi elles : Alstom, EDF, La Poste, Renault, SNCF, etc. Pour plus d'info: http://www.pactepme.org .
Il s'agit d'une démarche certes modeste, mais très ciblée et pragmatique, et c'est précisemment pour cette raison qu'elle apportera certainement quelque chose. Au-delà, il faut poursuivre la réflexion sur les moyens à mettre en place pour faire émerger les champions français de demain. Les réponses, comme le montre l'initiative du Comité Richelieu, ne viennent pas forcemment de l'Etat.
Le site du Comité Richelieu: http://www.comite-richelieu.com
Posted by Philippe Silberzahn on mars 15, 2005 at 08:00 AM dans Revues d'articles | Permalink | Commentaires (2) | TrackBack
R&D aux Etats-Unis ; quand le leader s'inquiète
A l'heure où l'Europe s'interroge toujours sur les moyens d'atteindre les objectifs qu'elle a elle-même définis à Lisbonne, où les chercheurs français défilent dans la rue, la communauté scientifique aux Etats-Unis émet des réserves sur la politique suivie en matière de R&D . Problèmes de riches ? Pas si sûr... C'est ce qui ressort du dossier "Tech + Finance" du numéro de mars de Technology Review (le magazine de l'innovation du MIT).
Pourtant 2004 a été une excellente année, au moins vue de la fenêtre des Venture Capitalists : avec 233 sociétés introduites en bourse qui ont levé $43 milliards, les chiffres de 2003 sont pulvérisés (79 sociétés, $16 milliards). Et le budget fédéral consacré à la recherche augmente tout de même de 4,8%, pour atteindre $132,2 milliards !
Mais la répartition de ce budget soulève quelques inquiétudes. Les 4/5èmes de l'augmentation annuelle vont en effet bénéficier à l'industrie de la défense. Même si historiquement, depuis l'ère Reagan, c'est à dire le début des années 80, le budget américain de R&D consacré à la défense a toujours été plus important que celui consacré aux applications civiles, l'année 2005 marque un tournant. Ce sont en effet $75 milliards sur un total de $132,2 (soit 57%) qui seront consacrés à des sujets militaires. Cette évolution reflète assez logiquement les priorités de l'administration Bush. On constate donc d'un côté des augmentations significatives sur tous les sujets de défense ou de sécurité intérieure ; +19,9% pour la R&D de la Sécurité Intérieure (US Department of Homeland Security), ou +15,8% pour le programme consacré aux missiles (alors même que de nombreux scientifiques pensent qu'il a peu de chance de succès). Le corollaire est la baisse ou la très faible évolution des budgets des institutions chargées de recherche fondamentale ou de recherche civile : -0,3% pour la National Science Foundation, ou +1,8% pour le National Institute of Health. Ces évolutions, combinées à une baisse de la recherche fondamentale dans les grandes entreprises, crée pour certains experts un environnement dangereux ; si, en amont, les grandes entreprises et l'Etat délaissent la recherche fondamentale et se focalisent sur le développement de technologies matures (telles que celles utilisées dans le cadre des programmes militaires et sécuritaires), et qu'en aval les venture-capitalists n'investissent plus que dans des niches à faible risque sur les mêmes secteurs (sécurité intérieure, biodéfense...), qui aux Etats-Unis va développer les prochaines innovations radicales ? Et Technology Review de rappeler que la technologie de Google a été développée à l'origine par Brin et Page dans le cadre d'un projet de bibliothèque numérique financé par la National Science Foundation...
Le premier article du dossier "Tech + Finance" peut être lu à l'adresse suivante : www2.technologyreview.com/articles/05/03/issue/feature_tf_1.asp.
Posted by Bernard Buisson on mars 11, 2005 at 08:00 AM dans Revues d'articles | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack
"What it takes to innovate"
Le dernier numéro de Fortune magazine (7 mars 2005) est consacré aux "sociétés mondiales les plus admirées". Fortune a profité de l'occasion pour demander à Hay Group de conduire une étude spéciale sur l'innovation. Hay Group a donc interrogé 160 sociétés sur l'innovation, qui est un des neuf critères utilisés dans le classement de Fortune.
Les trois sociétés les mieux évaluées sur le sujet de l'innovation sont :
- FedEx
- Procter & Gamble
- Alcoa
Pour Mel Stark, vice president de Hays Group, "L'innovation n'est pas quelque chose que l'on peut invoquer, allumer ou éteindre". L'étude de Hay indique au contraire que les résultats en matière d'innovation sont la conséquence d'un environnement stable qui combine discipline et organisation.
L'article complet peut être lu à l'adresse suivante : www.fortune.com/fortune/mostadmired/articles/0,15114,1032462,00.html
Posted by Bernard Buisson on mars 9, 2005 at 08:00 AM dans Revues d'articles | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack
Bernard Esambert "Les entreprises décrochent en matière de recherche"
Comme tout le monde a vu dans le rapport Beffa un retour au volontarisme des années Pompidou, Le Figaro (édition du vendredi 4 mars) a eu la bonne idée d'aller interviewer un de ceux qui furent aux premières loges à cette époque ; Bernard Esambert, actuel Président du conseil d'administration d'Arjil Atrium Group, mais également conseiller industriel du Président Pompidou entre 1969 et 1974, et auteur de "Pompidou, capitaine d'industrie". Il explique pourquoi il est toujours favorable à une politique de grands programmes, mais dans un cadre européen.
Bernard Esambert part du constat, très largement partagé, selon lequel la France consacre moins de moyens à l'effort de R&D qu'autrefois (2,2% du PNB contre 2,8% dans les années 70), et moins que la plupart de nos partenaires européens, notamment nordiques (3%). Trois conditions sont nécessaires selon Bernard Esambert pour renverser la tendance :
- Faire comprendre aux entreprises qu'il existe une corrélation entre l'effort de R&D et la performance boursière sur le long terme. Aux Etats-Unis, où la pression financière est encore plus forte qu'en Europe, Bernard Esambert estime que cette corrélation est reconnue, et que les analystes raisonnent de plus en plus à moyen-long terme (trois ans),
- Reprendre une politique de grands programmes, telle que préconisée par le rapport Beffa, mais les inscrire d'emblée dans une perspective européenne. Le programme Ariane était européen dès sa première année (1973), Airbus a été d'emblée franco-allemand, idem pour l'usine du Tricastin ou le programme d'enrichissement en uranium,
- Ré-équilibrer la société au profit des entreprises pour regagner la croissance perdue. La France a connu une croissance de 1% supérieure à la moyenne européenne de 1966 à 1973, 0,25% de plus de 1974 à 1981, 0,25% de moins de 1981 à 1998, et dans la moyenne depuis.
Sur la question de la création des futurs champions industriels européens, Bernard Esambert distingue trois approches :
- la plus difficile : la fusion de sociétés issues de différents pays. Cette approche peut donner des résultats spectaculaires, comme EADS l'a montré,
- la plus courante : élargir le territoire d'un champion national à l'espace européen. C'est ce qui s'est passé pour Saint-Gobain, Siemens ou Unilever,
- il appelle à ne surtout pas négliger la dernière approche, qui repose sur le soutien et l'européanisation du viver des petites et moyennes entreprises.
L'article complet peut être lu pendant encore un ou deux jours à l'adressse suivante : www.lefigaro.fr/eco-entreprises/20050304.FIG0325.html. Le Figaro pratiquant une politique assez restrictive d'accès à ses contenus, l'article ne sera ensuite accessible que via un achat au prix unitaire de 4 Euros.
Posted by Bernard Buisson on mars 7, 2005 at 11:01 AM dans Revues d'articles | Permalink | Commentaires (2) | TrackBack
Startups pas mortes
Une statistique intéressante tirée de Business Week, et qui est surprenante: la moitié des startups financées entre 1999 et 2000 ont survécu! Contrairement à ce que l'on pourrait croire, cette époque n'est pas à jeter avec l'eau du bain, mais a au contraire donné naissance à de vraies entreprises qui, passée la période douloureuse d'après bulle, commencent à prendre leur envol. Bien sûr, tout le monde parle de Google, mais derrière ce mastodonte se cache nombre de plus petites entreprises, qui s'apprêtent à constituer la prochaine vague de mise en bourse. Les prochaines stars pourraient s'appeler TellMe Networks (reconnaissance vocale), Vonage (voix sur IP), Force10 Networks, Peribit Networks, et Calix en équipement de réseau, et bien sûr dans le domaine très à la mode de la sécurité des entreprises comme Fortinet, CipherTrust, et ArcSight. Cette statistique illustre bien le viel adage des VC qui veut que ce soit dans les récessions que se construisent les champions du cycle suivant.
L'article de BW: http://www.businessweek.com/magazine/content/05_10/b3923117_mz020.htm
Posted by Philippe Silberzahn on mars 2, 2005 at 08:05 AM dans Revues d'articles | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack
Rapport Beffa : la potion magique
On ne se lasse pas de revenir sur le rapport Beffa. A ce sujet, il faut mentionner un excellent article de Danièle Blondel, professeur émérite à Paris-Dauphine, paru dans Les Echos du 25 février. Intitulé "La potion magique", il tire à boulets rouges sur le rapport et la logique dépassée qui l'inspire. Pour mémoire, le docteur Beffa, appelé au chevet de l'industrie française qui n'innove pas assez, a recommandé la création d'une agence de l'innovation destinée à financer de grands projets industriels modelés sur ceux des années 70.
Selon Danièle Blondel, le raisonnement de Jean-Louis Beffa pose quatre problèmes: il ignore le rôle des scientifiques, il méprise le rôle des entrepreneurs, il voit l'Etat comme le gestionnaire de la politique d'innovation et il voit la grande entreprise comme le fer de lance de cet effort.
- Il ignore le rôle de la recherche scientifique, pourtant fondamental, continuant en cela une grande tradition française d'isolation entre des penseurs et des créateurs. Or les choses ont commencé à changer, avec de plus grands échanges entre scientifiques et industriels, notamment gràce à la loi Allègre; mais cela reste encore insuffisant et il faut développer de tels échanges;
- Il méprise le rôle des créateurs d'entreprises innovantes dans une quête de compétitivité. En véritable représentant de l'establishment politico-industriel français, Jean-Louis Beffa pense "Etat + Grande entreprise", et voit dans leur association le seul moteur de la croissance et de l'innovation. Inutile de dire qu'une telle vision est en totale opposition avec la vision de plus en plus acceptée d'un rôle crucial des petites entreprises dans le processus d'innovation. Il ne s'agit naturellement pas d'opposer grandes et petites entreprises, mais ignorer les startups, et en particulier ingorer la dynamique entrepreneuriale qui se développe actuellement en France, c'est se tromper d'époque.
- Il voit l'Etat comme le gestionnaire exclusif de la politique d'innovation. Dans la grande tradiction colbertistes française, Jean-Louis Beffa confond invention et innovation, et oublie donc le rôle crucial du marché dans le processus d'innovation. Une innovation, c'est une invention validée par un marché, gràce au travail de l'entrepreneur - grand ou petit. Certes, l'Etat peut jouer un rôle dans l'encouragement à l'innovation, par divers moyens, en jouant sur l'offre (exemple des subventions Anvar, formation d'ingénieurs et d'entrepreneurs) et sur la demande (comme client), mais ces actions sont de plus en plus le fait de collectivités locales et d'insitutions para-étatiques, que de l'Etat lui-même, ossifié et lent, dont on ne comprend pas au nom de quoi il serait plus compétent que les acteurs soci-économiques pour décider d'une politique industrielle.
- Plus pernicieusement, Jean-Louis Beffa prévoit d'encourager des champions nationaux, c'est à dire, en substance, de donner de l'argent aux gros, à ceux qui en ont déjà, et qui n'innovent guère.Blondel remarque finement à ce sujet que " Ce ne sont pas les gestionnaires de diligences qui ont créé les chemins de fer." On voit mal en quoi donner quelques dizaines de millions supplémentaires à de grandes entreprises, qui viennent d'annoncer des profits records, les inciteront à innover mieux et plus, et on semble plus proche des "petits cadeaux entre amis". On peut prévoir sans difficulté que dans la perspective de la carotte offerte, de grands projets seront lancés, qui créeront les concordes, Bull, paquebot France et autres Crédit Lyonnais des années 2010. Quand, dans le même temps, on connait les difficultés que rencontrent les petites entreprises à trouver des financements modestes (essayez de lever 100KE et vous verrez), une telle vision est attristante. Il faudrait au contraire travailler sur cet equity gap, trouver des relais pour les fonds d'amorçage, là encore comme avait commencé à le faire les mesures Allègre (Claude, reviens!).
Au fond, ce que l'article souligne, c'est le manque de pragmatisme, et la déconnexion avec la réalité que traduit le rapport Beffa, issu d'un autre âge, celui où les têtes pensantes de la technocratie française - j'allais dire soviétique - planifiaient le développement économique. Mais le monde a changé, les "champions nationaux" sont parfois rachetés par des investisseurs étrangers, le modèle prôné par le rapport Beffa n'existe plus. Au lieu de se lancer dans de prétendues grandes choses, il eut mieux valu passer en revue les problèmes et les causes du manque d'innovation française. Plus de micro, moins de macro, en bref.
Posted by Philippe Silberzahn on février 28, 2005 at 08:00 AM dans Revues d'articles | Permalink | Commentaires (7) | TrackBack
Financial Times - Mastering innovation
Si vous n'êtes pas abonné, le Financial Times est assez difficile à lire sur le web ; probablement 90% des articles sont réservés aux abonnés. Ceux d'entre nous qui ont un intérêt particulier pour l'innovation sommes tous chanceux, car TOUS les articles du rapport spécial de l'automne dernier "Mastering Innvotion" sont accessibles gratuitement ! Donc si vous les aviez ratés, plus aucune excuse pour ne pas les lire maintenant...
Laissez-nous vous donner un aperçu.
L'article deTim Thorne's sur "The dark side of innovation" (ou les pièges qui empêchent une société de mener à bien l'innovation) est à lire absolument. La société de Tim (Edengene) a interviewé 62 grandes entreprises en Europe (CA supérieur au milliard de livres sterling) ses anecdotes de première main sont géniables, parfois terrifiantes... et en disent long sur le chemin qui reste à parcourir en matière de gestion de l'innovation. Un des CEO interviewés leur affirma : "Mes produits innovants n'ont pas besoin d'un budget marketing - après tout, une bonne idée se vend toute seule" ! Un autre reconnut qu'il avait dépensé un MILLIARD de livres sterling l'année précedente en acquisitions - avec des résultats mitigés - mais doutait avoir dépensé un MILLION de livres sterling pour lancer de nouvelles innovations ! Une autre citation explique pourquoi les groupes se concentrent sur les innovations incrémentales : "Tout ce que nous faisons doit avoir un retour sur investissement dans les 12 mois" !
Donald Sull et Alejandro Ruelas-Gossi ("The art of innovating on a shoestring") vous feront découvrir comment quelques sociétés de pays en voie de développement excellent en matière d'innovation ; une lecture édifiante pour les fans du "technology-push".
L'article de John Bessant "More than the sum of its parts" constitue une bonne introduction au concept d' "open innovation" d'Henry Chesbrough ; vous découvrirez pourquoi Procter & Gamble utilise la formule "Connect and Develop" pour désigner ce que le reste du monde appelle "R&D". Un article à afficher sur les murs des sociétés qui souffrent du syndrome NIH (Not Invented Here).
Pour finir, dans l'article de Daniel Muzyka ("The search for opportunity"), une citation de Winston Churchill pour les sociétés qui ont du mal à tolérer les échecs en matière d'innovation : "Le succès est la capacité à aller d'échec en échec sans perdre son enthousiasme"...
Les articles du rapport "Mastering Innovation" peuvent être lus à l'adresse suivante :
http://news.ft.com/cms/6f0b3526-07e3-11d9-9673-00000e2511c8.html
Posted by Bernard Buisson on février 17, 2005 at 08:00 AM dans Revues d'articles | Permalink | Commentaires (1) | TrackBack
"L'innovation au carré"
Le 9 décembre dernier, nous avions déjà mentionné l'excellent article de Jim Collins "The ultimate creation", publié par la Fondation Peter Drucker dans "Leading for innovation", probablement le meilleur recueil d'articles sur l'innovation, avec une liste d'auteurs qui ressemble au "who's who" du monde académique : Clayton M. Christensen, Henry Mintzberg, Rosabeth Moss Kanter, Charles Handy, Arie de Geus... Jim Collins n'a pas eu en France l'audience qu'il mérite, et nous soupçonnons que c'est également le cas en Europe, bien que son dernier livre "Good to great" se soit vendu à plus de 2 millions d'exemplaires en édition originale, et soit toujours en tête de la liste "long-running best-sellers" de Business Week (les ouvrages de management qui sont dans la liste des best-sellers depuis plus de deux ans...) Comme Philippe a travaillé l'année dernière à l'Insead sur son prochain livre, vous pouvez compter sur nous pour quelques posts additionnels sur les travaux de Jim Collins !
Quel est la thèse de Collins dans "The ultimate creation" ?
Jim Collins introduit la distinction entre l' "innovation produit" et l' "innovation sociale", qu'il appelle également "innovation au carré". L' "innovation produit" implique que votre société est soit une start-up essayant de développer un nouveau concept, soit une société plus établie essayant de mettre au point la prochaine "grand innovation". Les exemples cités par Collins montrent que la première catégorie (les pionniers de l'innovation) ne va pas de pair avec le succès économique ; Diners Club ou Visicalc sont des exemples bien connus de sociétés qui ont eu du mal à dépasser le statut de pionnier et à conserver le leadership sur le marché qu'elles avaient créé. La deuxième catégorie n'est pas dans une situation plus facile ; les sociétés qui recherchent la prochaine "balle en argent" la trouvent rarement ; l'i-pod d'Apple est une exception, et la tentative précédente d'Apple (l'échec du Newton) font d'Apple l'exemple parfait de la société qui se focalise sur l'innovation produit.
Pour Collins, seule l' "innovation sociale" peut garantir un succès économique régulier et bien plus puissant. Ca sera sans doute un choc pour nos lecteurs français de découvrir que l'auteur de management le plus lu dans le monde parle de l' "innovation sociale" comme la "création ultime", mais c'est pourtant le cas ! C'est 3M qui donne 15% du temps de travail pour que les employés puissent réfléchir aux sujets de leur choix, c'est Edison qui créée le concept de laboratoire de R&D, Procter & Gamble qui initie l'actionnariat des salariés dès la fin du XIXème siècle, ou Henry Ford qui révolutionne les relations propriétaire/salarié.
Si vous essayez de comprendre les succès de 3M, vous pouvez penser que ses capacités à innover reposent beaucoup sur la chance. Art Fry, le co-inventeur du post-it, expliqua qu'il eut un jour de 1974 un éblouissement alors qu'il était membre d'une chorale dans une église ; il se battait pour marquer les pages des partitions avec des bouts de papier, qui naturellement s'envolaient au mauvais moment, et eut l'idée de marque-pages adhésifs. A l'époque, 3M avait une culture pro-innovation déjà ancienne, et cela s'était traduit par la règle des 15%, qui permet à tous les salariés dans les fonctions techniques de consacrer 15% de leur temps à des projets de leur choix. Ainsi Art Fry put consacrer un peu de temps à son idée, et il en p