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Visionnaire et analyste

Un post de Franck Lefèvre, ami et associé dans Digital Airways :

Quelle différence y a-t-il entre un visionnaire et un analyste? Etes-vous bien certain que le premier regarde vers le futur et que le second vers le passé? Ces deux positions s'opposent-elles vraiment?
Si on se contente de regarder  autour de nous, il est fort possible que cette "position" (1) corresponde en fait à l'idée que nous nous faisons des visionnaires et des analystes qui nous entourent. On peut dans la foulée poursuivre par des "le visionnaire est créatif, pas l'analyste", puis pourquoi pas par "le visionnaire est intéressant, l'analyste est rébarbatif".

Insérant ces opinions rapides dans le monde à la "description" (1) duquel s'attache ce site, il pourrait sembler que les entrepreneurs soient des visionnaires, tandis que les capitaux-risqueurs sont des analystes: les jugements de valeur énoncés plus tôt font alors mal. Et pourtant l'idée est facile, séduisante: voici une bonne raison pour égratigner ceux que tant d'entrepreneurs prennent plaisir à juger, tel le renard les raisins.
Tentons pourtant une autre "définition" (1) : l'analyste s'attache à faire correspondre les faits (passés, présents, futurs) à des modèles (industriels, technologiques, économiques,...) existants lorsque le visionnaire tente de créer de nouveaux modèles.
Sous cet "angle" (1), il me semble que les entrepreneurs ont une tendance à être des visionnaires en quête de modèles unifiant passé et avenir, mais quelle est la tendance des capitaux-risqueurs ?
Leur métier ne consisterait-il pas à évaluer les propositions des visionnaires à la lumière de celles des analystes?
Peut-être bien… …mais les faits (1) ne vont pas dans ce sens… Les stratégies d'investissement, si elles ont changé en volume, ne semblent guère avoir évolué dans l'esprit depuis les folles années de la bulle internet.

Quel investisseur a récemment investi en faveur d'un modèle nouveau ?

Souvenez-vous d'un de ces multiples reportages de "magazines économiques" décrivant le parcours du combattant du jeune entrepreneurs prêt à tout pour séduire celui détenant les cordons de la bourse: faisait-il autre chose que s'évertuer à lui faire croire que son "nouveau modèle" n'était en réalité qu'un "ancien modèle relooké".

Il me semble y entendre:

L'entrepreneur: "Rassurez-vous ! Mon projet n'a en réalité rien d'innovant ! Malgré les apparences, il n'a rien d'original et ressemble en tout à ce dans quoi vous et vos collègues avez déjà investi."

Le capital-risqueur: "Et bien il va maintenant falloir que vous me démontriez cela, car si personne ne saurait me reprocher de faire la même chose que lui, toute position originale signe un manque de maturité de votre démarche, et je ne suis pas ici pour l'assumer."

Cela vous rappelle-t-il quelque chose ?
Ah ? Une exception vous vient à l'esprit ? Vous vous souvenez d'une expérience dans laquelle c'est l'originalité de la proposition qui avait motivé l'investissement ?
Ah… …mais c'était au début des années 90…
Ceci est sans gravité, et je vous incite tout de même à étudier ce cas: il pourra peut-être constituer un apport nouveau à la création d'une grille d'évaluation du "bon" capital-risqueur… …et peut être aussi du "mauvais" entrepreneur !

(1) notons ici que j'aurais aussi pu écrire cette "vision", ou bien cette "analyse"…

Franck Lefèvre

Posted by Philippe Silberzahn on janvier 24, 2005 at 08:00 AM dans Opinion | Permalink

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